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Les autorités libyennes nomment deux commandants militaires à la tête de milices

24/09/2012 07:29 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

TRIPOLI, Libya - TRIPOLI (Sipa) — Le commandement militaire libyen a nommé deux officiers militaires pour diriger deux puissantes milices islamistes dans l'est du pays, dans le cadre des efforts du gouvernement pour contenir les factions armées, de plus en plus mal vues par la population.

La décision reflète la pression à laquelle le gouvernement fait face pour contrôler les milices, sur lesquelles il s'appuie pour assurer la sécurité dans le pays depuis le renversement du dictateur Moammar Kadhafi l'an dernier.

Le colonel Ali al-Sheikhi, porte-parole des chefs d'état-major, a déclaré lundi soir à l'agence de presse libyenne LANA que les chefs de la brigade Rafallah Sahati et de la brigade du 17-Février, deux groupes autorisés à gérer la sécurité à Benghazi, seraient remplacés par des commandants de l'armée.

La colère des Libyens contre les milices s'est accrue après l'assaut contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi le 11 septembre, qui a tué l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains. L'attaque est survenue après une manifestation contre le film islamophobe "Innocence of Muslims" ("innocence des musulmans") tourné aux Etats-Unis à titre privé et qui ridiculise le prophète de l'islam.

Des membres de la milice islamiste Ansar al-Charia sont soupçonnés d'être derrière l'attaque.

La plupart des milices libyennes se sont formées durant la guerre de huit mois contre le régime Kadhafi, mais d'autres groupes sont apparus après la fin de la guerre, en octobre. Les milices ont notamment été accusées d'intimider les citoyens, de gérer des prisons indépendantes et d'avoir organisé des procès sommaires pour les fidèles de l'ancien régime. Récemment, des miliciens islamistes ont attaqué des monuments religieux, notamment des tombes, qu'ils considèrent comme contraires à leur interprétation stricte de l'islam.

Vendredi dernier, des milliers de personnes ont manifesté contre les milices à Benghazi, berceau de la révolution contre Mouammar Kadhafi. Des miliciens de la brigade Rafallah Sahati ont ouvert le feu après que des manifestants eurent pris d'assaut leur quartier général, tuant une dizaine de personnes.

Environ 200 personnes ont de nouveau manifesté contre les milices lundi à Benghazi, exigeant leur démantèlement et l'intégration des miliciens dans les services de sécurité de l'Etat.

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