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Le conflit en Syrie au centre de l'Assemblée générale de l'ONU à New York

24/09/2012 10:21 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Les soulèvements démocratiques du Printemps arabe et la demande d'adhésion à l'ONU des Palestiniens ont suscité enthousiasme et espoir l'an dernier. Mais avec la guerre qui fait rage en Syrie, la requête palestinienne mise entre parenthèses et des manifestations meurtrières liées à un film islamophobe, l'Assemblée générale des Nations unies s'ouvrira mardi dans un climat de déception et de frustration.

L'assemblée se tiendra sous haute sécurité à New York. Plus de 120 chefs d'État et de gouvernement, ainsi que des monarques, évoqueront cette semaine l'accroissement des tensions lié au programme nucléaire iranien, l'éventualité d'une frappe israélienne contre les installations nucléaires de Téhéran, les incursions d'Al-Qaïda au Sahel et particulièrement au Mali... Il sera aussi question de la première baisse depuis des années de l'aide internationale octroyée aux pays en développement pour lutter contre la pauvreté.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prédit une session ministérielle des plus chargées, reflet de «l'époque tumultueuse dans laquelle nous vivons, une époque de trouble et de transition» qui exige de lutter «contre un contexte de violence généralisée liée à l'intolérance».

Malgré de nombreuses réunions annexes, les diplomates ne s'attendent pas à des avancées décisives concernant la crise en Syrie qui, selon Ban Ki-moon, sera particulièrement présente dans les discussions. Dès lundi, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, devait informer à huis clos le Conseil de sécurité de l'ONU de ses récentes discussions avec le président syrien Bachar el-Assad et d'autres dirigeants de la région.

«Accroître la pression et accroître l'isolement du régime d'El-Assad est un des objectifs de cette semaine», a déclaré dimanche devant la presse le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

Le conflit syrien a profondément divisé les membres du Conseil de sécurité, paralysant le seul organe de l'ONU qui peut imposer des sanctions internationales et autoriser une action militaire. La Russie, principal soutien de la Syrie, a opposé son veto avec la Chine à trois résolutions soutenues par l'Occident. Elles étaient destinées à faire pression sur Bachar el-Assad pour faire cesser la violence et engager le dialogue politique avec ses opposants, qui affirment que la répression du mouvement de contestation a fait près de 30 000 morts en 18 mois.

L'ambassadeur allemand à l'ONU, Peter Wittig, actuel président du Conseil de sécurité, a déclaré que «le changement dans le monde arabe» serait le sujet le plus présent à l'esprit des dirigeants, comme c'était le cas lors de la session l'an dernier.

Le président égyptien Mohammed Morsi, un islamiste élu lors des premières élections démocratiques de l'histoire du pays, s'adressera pour la première fois aux 193 membres de l'Assemblée mercredi. Ce sera aussi le cas du président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi, qui a pris ses fonctions en février au terme d'une année de troubles politiques, et qui tente maintenant d'assurer la transition de son pays vers la démocratie.

L'an dernier, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait occupé le devant de la scène en demandant l'adhésion de la Palestine en tant que 194e État membre des Nations unies. Les États-Unis, principal allié d'Israël, avaient clairement indiqué qu'ils opposeraient leur veto à toute demande de reconnaissance de l'État palestinien tant que les Palestiniens et les Israéliens ne reprendraient pas les négociations de paix, dans l'impasse depuis bientôt quatre ans.

Mahmoud Abbas devrait se présenter devant l'Assemblée générale jeudi avec une proposition plus modeste, qui attendra probablement que l'élection présidentielle américaine du 6 novembre soit passée: faire passer la Palestine du statut d'observateur à celui d'État non-membre observateur. Les Palestiniens s'attendent à recevoir un très large soutien de l'Assemblée générale pour cette requête qui, ils l'espèrent, donnera une légitimité internationale à leur demande de création d'un État palestinien sur la base des frontières d'avant la guerre de 1967.

Comme rien ne laisse entrevoir de déblocage au Conseil de sécurité sur la Syrie, Peter Wittig a affirmé que l'Allemagne avait choisi de concentrer la session ministérielle de mercredi sur quelque chose de positif au Moyen-Orient: «l'émergence de la Ligue arabe comme acteur régional qui s'est avéré essentiel pour la résolution de conflits».

La Ligue arabe, qui compte 21 membres, a mis fin à des décennies de soumission quasi totale aux régimes de cette région et cherche à s'adapter aux bouleversements consécutifs au Printemps arabe. Elle a notamment soutenu les rebelles qui ont évincé le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et a suspendu la Syrie de ses rangs en réaction à la répression.

Ban Ki-moon a rencontré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dimanche et a «exhorté l'Iran à prendre les mesures nécessaires», c'est-à-dire la suspension de ses activités nucléaires potentiellement militaires et l'accès des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique aux installations, pour que la communauté internationale puisse avoir «confiance en la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire», a déclaré le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky.

Ban Ki-moon a aussi évoqué avec le président iranien les conséquences de la rhétorique incendiaire «de différents pays au Moyen-Orient».

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