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La guerre en Syrie menace toute la région, prévient l'émissaire de l'ONU

24/09/2012 09:37 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH - La guerre en Syrie s'aggrave et menace de s'étendre aux autres pays de la région, a prévenu lundi l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi. Mais il a aussi exprimé une lueur d'espoir en affirmant qu'il voyait toujours une solution possible, malgré le blocage du Conseil de sécurité de l'ONU.

Après s'être adressé aux membres du Conseil de sécurité à New York pour la première fois depuis le début de son mandat, M. Brahimi a déclaré devant les journalistes qu'il avait commencé à discuter d'une «façon de procéder» avec les membres du conseil.

Il a indiqué que la situation était toujours bloquée et «extrêmement difficile», sans possibilité de trouver une solution «aujourd'hui ou demain».

Mais l'émissaire a néanmoins déclaré qu'il avait toujours espoir de trouver une solution.

«Je refuse de croire que des gens raisonnables soient incapables de comprendre qu'on ne peut revenir en arrière, qu'on ne peut revenir à la Syrie du passé. J'ai dit à tout le monde, à Damas et partout ailleurs, que les réformes ne sont plus suffisantes. Ce dont nous avons besoin, c'est du changement», a dit M. Brahimi.

«Paradoxalement, maintenant que j'en sais un peu plus sur ce qui se passe dans le pays et la région, je pense que nous allons trouver une ouverture dans un avenir pas trop lointain», a-t-il ajouté.

L'émissaire a précisé qu'il n'avait pas encore élaboré un «plan complet», mais qu'il avait des idées qui devraient se préciser lors d'une autre visite dans la région.

Le Conseil de sécurité, le seul organe des Nations unies qui peut imposer des sanctions internationales et autoriser une action militaire, est profondément divisé sur la crise syrienne. La Russie, alliée du régime syrien, et la Chine ont opposé leur veto à trois résolutions présentées par les pays occidentaux visant à accroître la pression sur le régime du président Bachar el-Assad afin qu'il cesse les violences et ouvre des discussions avec ses opposants.

Selon un diplomate présent lors de la réunion du conseil, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à révéler des détails publiquement, Lakhdar Brahimi a déclaré qu'il croyait que l'objectif de Bachar el-Assad était de revenir «à l'ancienne Syrie» sur laquelle lui et son père ont régné pendant quatre décennies.

D'après ce diplomate, M. Brahimi a suggéré que l'intention du président syrien était de présenter le soulèvement contre son régime comme une campagne menée par des pays étrangers, dans une tentative de discréditer l'opposition.

M. Brahimi a aussi déclaré devant le Conseil de sécurité qu'environ 2000 écoles syriennes avaient été endommagées par le conflit, tandis que de nombreuses autres sont utilisées comme abri par les citoyens qui ont perdu leur maison. De nombreuses usines et laboratoires pharmaceutiques ont aussi été détruits ou laissés à l'abandon, a-t-il indiqué.

Le nombre de Syriens qui ont besoin d'une assistance alimentaire est passé de 250 000 en avril à 1,5 million aujourd'hui, a par ailleurs indiqué le Programme alimentaire mondial lundi. La crise risque de s'aggraver avec l'arrivée de l'hiver, a prévenu la directrice de l'organisation, Ertharin Cousin.

Les travailleurs humanitaires peinent à rejoindre les familles dans le besoin dans les zones de conflit de la capitale et de ses banlieues, ainsi que dans les villes d'Alep et de Homs, a-t-elle indiqué, en précisant que les travailleurs humanitaires se déplacent dans des véhicules blindés.

«Les gens vivent maintenant dans les écoles et d'autres bâtiments publics parce qu'ils ne peuvent retourner chez eux», a expliqué Mme Cousin. «C'est une situation impossible à vivre au quotidien pour les familles, les femmes et les enfants.»

Sur le terrain, au moins 48 civils et 22 soldats de l'armée gouvernementale ont été tués dans les affrontements de lundi, dont 16 à Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

L'aviation syrienne a notamment bombardé deux immeubles d'Alep, faisant au moins cinq morts dont trois enfants de la même famille, selon l'opposition l'Observatoire.

Des hélicoptères militaires ont mené des attaques dans la ville de Sheikh Miskeen, dans la province de Daraa, dans le sud du pays, d'après l'Observatoire et les Comités locaux de coordination.

L'Observatoire a également signalé des combats entre soldats et rebelles près de la base militaire aérienne de Tabaqah, dans la province de Raqqa, dans le nord de la Syrie.

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