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La CAQ veut forcer la main du PQ pour obtenir une commission parlementaire

24/09/2012 03:43 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) veut forcer la main du gouvernement de Pauline Marois pour qu'une commission parlementaire se penche sur sa décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2.

Le porte-parole de la CAQ en matière de Ressources naturelles, le député François Bonnardel, a affirmé lundi qu'il est prêt à soumettre une motion au vote de l'Assemblée nationale, si jamais le Parti québécois refuse d'obtempérer.

Pour M. Bonnardel, les experts et élus régionaux doivent être entendus par les députés au sujet de la réfection ou du déclassement de la centrale nucléaire.

«Nous vivons dans un régime parlementaire et, afin de respecter le choix démocratique des électeurs, c'est au Parlement de trancher certaines questions, pas au gouvernement d'agir de façon arbitraire, a-t-il dit. Nous sommes d'avis qu'une majorité de parlementaires est en faveur d'une décision juste et éclairée.»

La CAQ n'a pas pris position concernant l'avenir de la centrale nucléaire, M. Bonnardel réservant son jugement pour plus tard.

«La Coalition avenir Québec ne prend position ni pour la réfection, ni pour le déclassement de la centrale, a-t-il dit. Nous accepterons les conclusions du rapport final qui s'appuiera sur des faits.»

En position minoritaire en Chambre, le gouvernement de Mme Marois pourrait se faire imposer la tenue de cette commission parlementaire si la CAQ et les libéraux, qui ont un «préjugé favorable» envers la centrale, s'allient lors d'un vote.

Lors d'une conférence de presse, M. Bonnardel a affirmé qu'il n'a pas l'intention d'utiliser cette question pour provoquer le renversement du gouvernement.

«On n'en n'est pas du tout là, a-t-il dit. Ce n'est pas une question de confiance, cette motion.»

Marie Barrette, l'attachée de presse de Mme Marois, a affirmé qu'il faudra attendre le dépôt d'un rapport demandé à Hydro-Québec, à propos de l'avenir de Gentilly, avant de décider si une commission parlementaire est nécessaire.

«Il faut attendre d'avoir le rapport complet d'Hydro-Québec et à ce moment là on aura la possibilité de juger de la pertinence d'une telle commission, mais il y a de l'ouverture, a-t-elle dit. On ne dit pas non.»

La semaine dernière, Mme Marois a annoncé la fermeture de la centrale nucléaire, située à Bécancour.

La députée libérale Danielle St-Amand, qui représente la circonscription de Trois-Rivières, a affirmé que son parti est prêt à appuyer l'initiative de la CAQ pour mandater une commission parlementaire.

«Nous on est pour Gentilly, alors tous les gestes qu'il sera possible de faire, on va les faire, mais on veut agir rapidement, et présentement pour nous une commission, ce n'est pas assez rapide», a-t-elle dit.

Mme St-Amand a réclamé lundi une rencontre d'ici 10 jours entre le gouvernement et des acteurs régionaux, qui s'opposent à cette décision.

Selon la députée, cette rencontre aurait l'avantage d'être plus rapide qu'une commission parlementaire, qui mettra plus de temps à se mettre en place.

«La demande que fait le Parti libéral, c'est que d'ici 10 jours, Mme Marois et ses ministres viennent rencontrer le comité d'action stratégique qui sera mis en place, pour d'une part expliquer sa décision, l'étayer et expliquer aux gens sur quels principes elle s'est basée», a-t-elle dit.

Selon la députée, l'annonce de Mme Marois est «assassine» pour l'économie régionale, notamment parce que la centrale générère des retombées directes de 130 millions $ par année.

«Assassine dans le sens où ç'a été fait sans considération pour les rapports à venir, sans considération du contexte qu'elle ne connaît pas», a-t-elle dit.

Mme St-Amand croit que la décision du gouvernement est hâtive, puisque une étude de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et la réfection d'une centrale au Nouveau-Brunswick permettront de prendre une décision plus éclairée sur l'avenir de Gentilly-2.

La députée estime que la centrale crée plus de 2000 emplois directs et indirects dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, en incluant les 800 travailleurs de l'installation.

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