Le nombre de signalements d'enfants maltraités augmente au Québec

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Le nombre de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a continué d'augmenter au Québec, selon le bilan 2011-2012 déposé lundi.

En tout, 77 244 signalements ont été faits à la DPJ, soit une hausse de 0,9 % par rapport à la période précédente. De ce nombre, 32 661 ont été retenus.

« La principale problématique au niveau provincial est la négligence, soit la difficulté pour les parents de bien répondre à l'ensemble des besoins des enfants. On parle des besoins de base au plan physique, au plan cognitif et au plan affectif », explique la directrice du Centre jeunesse de Montréal, Michelle Dionne, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

« La deuxième problématique est celle des abus physiques qui suivent d'assez près », poursuit-elle.

Bien que l'augmentation des signalements reçus et retenus ait été somme toute faible en 2011-2012, les directeurs de la protection de la jeunesse précisent que l'effet cumulatif des hausses observées au cours des 5 dernières années exerce « une importante pression sur l'ensemble du réseau des centres jeunesse du Québec ».


Derrière les chiffres, des visages

Outre des statistiques sur le nombre et la nature des signalements reçus, le bilan 2011-12 de la DPJ présente aussi dans ses pages plusieurs exemples concrets de maltraitance.

« Ce qui se cache surtout derrière les signalements, c'est des familles qui vivent des difficultés importantes, souvent des adultes aux prises avec des difficultés personnelles aussi. Des familles qui sont confrontées avec d'importants stress au quotidien. Des stress liés à la pauvreté, à des conditions de vie difficiles, liés aussi souvent à des séparations, beaucoup de familles monoparentales », précise Michelle Dionne.

Selon la DPJ, la détresse observée actuellement dans de nombreuses familles est « alarmante » et exige une mobilisation du milieu et des ressources pour tenter de mieux en comprendre les causes et ultimement en réduire les impacts.

La protection de la jeunesse entend enfin multiplier les efforts pour préserver le modèle québécois en matière d'intervention auprès des jeunes contrevenants, remis en question par l'adoption du projet de loi C-10 au fédéral qui renforce la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents.