NOUVELLES

Devant l'ONU, Brahimi brosse un tableau sombre de la situation en Syrie

24/09/2012 01:08 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi a brossé lundi devant le Conseil de sécurité un tableau sombre de la situation en Syrie, à la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies.

Plus de 120 chefs d'Etat, Premiers ministres et ministres sont attendus à New York pour la 67e session de l'Assemblée générale de l'ONU.

Malgré le blocage du Conseil de sécurité sur la Syrie en raison de l'opposition de Pékin et Moscou à des sanctions contre Damas, le conflit syrien, qui a fait 29.000 morts en 18 mois selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), devrait y être largement évoqué.

Lundi, M. Brahimi rendait compte au Conseil de sa récente visite en Syrie, au cours de laquelle il a rencontré le président Bachar al-Assad. Selon des diplomates présents à la réunion, M. Brahimi a déclaré aux 15 pays membres que le régime syrien estimait à 5.000 le nombre d'étrangers prenant part aux combats dans le pays et qu'il dépeignait de plus en plus la guerre civile comme "une conspiration de l'étranger".

Il a une nouvelle fois déclaré qu'il n'avait pas pour l'instant de "nouveau plan d'action" pour régler la crise syrienne, selon un diplomate, et s'est référé aux propositions en six points de Kofi Annan, son prédécesseur, estimant que le plan Annan "restait la bonne route" à suivre.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a lui aussi déclaré à la presse que la plan Annan demeurait valable "dans sa substance". "Nous avons un plan, c'est le plan en six points adopté par le Conseil de sécurité", a-t-il déclaré, ajoutant que l'Allemagne "soutenait le travail de M. Brahimi".

L'Allemagne "va continuer à essayer d'obtenir une prise de position unie de la part du Conseil et le démarrage d'un processus politique" en Syrie, a ajouté M. Westerwelle. Pour l'instant, le Conseil est paralysé par le blocage de la Russie et de la Chine, qui ont mis leur veto à trois résolutions occidentales visant à faire pression sur Damas.

Devant le Conseil, M. Brahimi a assuré que la torture des prisonniers était devenue "une habitude" et que les Syriens craignaient désormais de se rendre dans les hôpitaux, qui sont aux mains des forces du régime.

Selon le médiateur, 1,5 million de personnes ont fui leur foyer et le pays doit faire face à des pénuries de nourriture car les récoltes ont été détruites par les combats entre les rebelles et l'armée régulière.

Alors que sur place les combats font rage sans relâche, des diplomates ne se font guère d'illusions sur les chances de M. Brahimi d'avoir davantage de succès que son prédécesseur Kofi Annan.

Celui-ci n'était jamais parvenu à obtenir l'application d'un cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s'accompagner d'un dialogue politique.

Le gouvernement syrien et l'opposition armée sont engagés dans "une lutte à mort" et M. Brahimi est "en stand-by", en attendant que les deux camps veuillent négocier, résumait récemment un diplomate. Mais "personne ne sait quand il sera appelé", ajoutait-il.

En recevant M. Brahimi à Damas à la mi-septembre, Bachar al-Assad avait répété que Damas ne reconnaissait pas la contestation dans le pays et considérait toujours les opposants syriens comme des "terroristes". Il avait appelé à faire pression sur les pays occidentaux et arabes qui les financent et les arment. Les rebelles eux-mêmes avaient jugé la mission de M. Brahimi vouée à l'échec.

avz/mdm/jca

PLUS:afp