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Congo: feu vert à l'exploration pétrolière dans le parc des Virunga

24/09/2012 06:37 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - Le gouvernement de la République démocratique du Congo a autorisé lundi la firme britannique SOCO à faire de l'exploration pétrolière dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, posant un risque potentiel pour les gorilles menacés d'extinction.

Le ministre congolais des Hydrocarbures, Crispin Atama Tabe, a déclaré à l'Associated Press que les intérêts économiques du pays avaient préséance sur les considérations environnementales dans le Parc national des Virunga.

M. Atama Tabe a précisé que l'exploration pétrolière pourrait durer un an ou deux. Il a soutenu que l'exploration pétrolière dans le parc pourrait favoriser la paix et améliorer la sécurité dans l'est de la République démocratique du Congo. Mais l'exploitation des nombreuses ressources minières de la région a jusqu'ici provoqué l'effet contraire, et de nombreux groupes et milices s'affrontent pour prendre le contrôle des revenus générés par l'exploitation minière.

Le ministre de l'Environnement et du Tourisme, Bavo Nsamputu, a indiqué qu'il n'était pas en mesure de commenter l'information lundi.

La décision d'autoriser l'exploration pétrolière dans le parc contraste avec la décision prise par le ministre de l'Environnement en 2011, qui avait suspendu l'exploration pétrolière dans une section du parc, qui abrite environ 200 gorilles.

Les gorilles des plaines et les gorilles des montagnes du Parc national des Virunga sont déjà confrontés à d'autres menaces. Des responsables ont indiqué lundi que les gardiens du parc avaient récemment secouru deux bébés gorilles des plaines enlevés par des braconniers en l'espace d'une semaine.

«Le trafic de bébés gorilles est terriblement ravageur pour les populations de gorilles, parce que plusieurs membres de la famille doivent généralement être tués pour obtenir le bébé», a expliqué le directeur du parc, Emmanuel de Mérode.

Les gorilles des plaines n'existent que dans l'est de la République démocratique du Congo. Les experts estiment qu'il n'en reste plus que 4000 environ, comparativement à 17 000 en 1995, a indiqué M. de Mérode dans un communiqué.

Le Parc national des Virunga, le plus ancien parc national du continent africain, a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO dans les années 1970. C'est le seul endroit sur Terre où cohabitent les trois grands singes africains. On y trouve aussi des éléphants, des buffles, des hippopotames, des antilopes, des lions, des léopards et une pléthore de petits animaux et d'oiseaux.

La concession de l'entreprise SOCO dans le parc inclut notamment le lac Edouard, l'un des grands lacs d'Afrique centrale, dont dépendent 40 000 pêcheurs de la région.

Les responsables du Parc national des Virunga soulignent que les lois congolaises protègent les parcs nationaux de tout type d'exploitation, notamment la coupe de bois et les activités agricoles. C'est cet argument qui a persuadé le groupe français Total, l'an dernier, de promettre de n'exploiter que le tiers de sa concession qui recoupe le parc des Virunga.

SOCO, dont 58 pour cent de la concession recoupe les limites du parc, fait notamment valoir que les lois sur la protection des parcs nationaux congolais permettent «la recherche géologique à des fins scientifiques».

Les employés du Parc national des Virunga risquent parfois leur vie pour protéger les gorilles des braconniers et des milices qui pullulent dans la région. L'an dernier, 11 gardes du parc ont été tués dans des affrontements armés, a indiqué Emmanuel de Mérode.

Les deux bébés gorilles secourus en septembre par les gardiens sont soignés dans un sanctuaire qui héberge déjà trois bébés gorilles des montagnes orphelins, a-t-il précisé.

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