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Cinq enfants tués dans les violences en Syrie, Brahimi devant l'ONU

24/09/2012 09:03 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Au moins cinq enfants ont péri lundi dans les raids aériens et les tirs de l'armée en Syrie en proie à 18 mois de conflit, à quelques heures d'une intervention du médiateur international Lakhdar Brahimi devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

L'aviation du régime de Bachar al-Assad a frappé en plein coeur d'Alep, la métropole du Nord, tuant au moins cinq personnes dont trois enfants d'une même famille et aplatissant des bâtiments, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette deuxième ville du pays est depuis plus de deux mois le théâtre d'une bataille acharnée entre soldats et rebelles, les troupes du régime de Bachar al-Assad étant toutefois dotées d'une supériorité aérienne face à des insurgés faiblement équipés.

Ce nouvel épisode sanglant intervient à quelques heures d'une intervention de M. Brahimi devant le Conseil de sécurité pour l'informer de ses entretiens le 15 septembre avec M. Assad, lors de sa première mission à Damas depuis sa prise de fonction le 1er du mois.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a affirmé à maintes reprises que sa mission était "très difficile" et qu'il n'avait pas de plan précis pour mettre fin à la guerre qui a fait plus de 29.000 morts depuis mars 2011 selon l'OSDH.

M. Assad lui avait d'ailleurs signifié qu'il ne comptait pas arrêter sa guerre contre les "terroristes", tandis que les rebelles lui avaient dit que le régime ne tomberait que "par la force".

Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a espéré que M. Brahimi proposerait bientôt "une stratégie" de sortie de crise, mais des diplomates ont assuré que "pour l'instant, le sort de la Syrie ne se décide pas à New York mais sur place, par les armes".

Les combats et les bombardements continuent en effet de faire rage à travers le pays, faisant au moins 30 morts selon un bilan provisoire de l'OSDH. Le raid meurtrier à Alep a visé deux immeubles dans le quartier de Maadi dans le centre historique de la ville où sont retranchés de nombreux rebelles.

Une vidéo postée sur YouTube montre les ruines d'un immeuble complètement aplati, les militants affirmant que des "familles entières" y résidaient.

Ces faits et cette vidéo ne peuvent être vérifiés de manière indépendante en raison des fortes restrictions au déplacement des médias étrangers imposées par les autorités.

Une fillette a aussi péri dans des raids aériens sur un autre quartier d'Alep, selon l'OSDH, et l'armée a bombardé à l'artillerie d'autres secteurs de la ville, selon un correspondant de l'AFP.

Les combats et les bombardements ont en outre secoué des quartiers de Damas, où l'armée a rasé trois maisons, des environs de la capitale, Deir Ezzor (est), Homs, Hama, (centre) ou encore Deraa (sud), où une enfant de cinq ans a été tuée par les tirs des forces du régime, a précisé l'ONG.

A la mi-août, l'OSDH avait donné un bilan de 1.300 enfants tués dans le conflit, sans parler de ceux détenus. L'ONU a évoqué de son côté "des cas d'enfants qui se voient refuser l'accès aux hôpitaux, de garçons et de filles tués dans le bombardement de leurs quartiers et soumis à des tortures, dont des violences sexuelles".

Ce conflit sanglant, déclenché en mars 2011 par une contestation pacifique transformée en rébellion armée face à la répression menée par le régime, sera au coeur d'une série de réunions en marge de l'Assemblée générale qui s'ouvre mardi à l'ONU, mais sans grand espoir d'un déblocage.

"Etrangement, tout le monde pensera à la Syrie, parlera de la Syrie, mais on ne prévoit aucune décision", commente un diplomate.

Face à l'impasse diplomatique, les belligérants sont prêts à se battre jusqu'au bout.

Samedi, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont transféré leur commandement de Turquie vers une région non précisée de Syrie. La rébellion, minée par les rivalités, tente de resserrer ses rangs face à l'émergence de nombreux groupes extrémistes qui se réclament de l'ASL mais agissent en électrons libres.

Possible signe d'un isolement croissant de M. Assad, son unique soeur, Bouchra, s'est établie à Dubaï avec ses enfants, selon des résidents syriens de la cité-Etat. Elle est la veuve de l'un des "faucons" de l'appareil sécuritaire, Assef Chawkat, tué le 18 juillet dans un attentat. Des sites d'opposition ont parlé de divergences entre le président et sa soeur aînée.

A Damas, une vingtaine de partis de l'opposition tolérée par le régime et proche de la Russie ont appelé de nouveau les protagonistes à cesser les combats et la tenue d'une conférence internationale en vue de l'instauration d'un régime "démocratique" et "pluraliste".

Et au Liban voisin, la crise syrienne continue de provoquer de remous, avec un groupe islamiste s'insurgeant contre l'arrestation par les autorités de cinq Syriens non armés dans l'est.

bur-ram/tp

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