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Bo Xilai, épine dans le pied des dirigeants du Parti communiste chinois

24/09/2012 01:44 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

CHENGDU, Chine - La Chine a presque réparé les dégâts provoqués par le scandale lié au politicien déchu Bo Xilai, mais la dernière étape sera la plus délicate de toutes.

L'ancien bras droit de Bo Xilai, l'ex-chef de police Wang Lijun, vient d'être condamné à 15 ans de prison par le tribunal de Chengdu. Il a notamment été reconnu coupable de tentative de défection et d'avoir aidé la femme de Bo Xilai, Gu Kailai, à dissimuler l'assassinat de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood, retrouvé mort en novembre à Chongqing.

La femme de Bo Xilai et d'autres personnalités impliquées dans ce scandale ont déjà été condamnées, et le gouvernement chinois souhaite régler le sort de Bo Xilai avant un changement de direction au sein du Parti communiste, le mois prochain.

Depuis que la défection avortée de Wang Lijun dans un consulat américain a rendu le scandale public en février, la question du sort de Bo Xilai, limogé de la direction du parti pour la mégapole de Chongqing et suspendu du tout-puissant Bureau politique du parti, dérange les dirigeants chinois. Il s'agit notamment pour eux de décider de le poursuivre en justice ou de l'exclure purement et simplement du parti.

Le procès de Wang Lijun et le verdict rendu sont de mauvais augure pour Bo Xilai. La version officielle présentée au procès laisse supposer que Bo Xilai n'a pas tenu compte de l'implication de sa femme dans l'assassinat après que Wang Lijun lui en a parlé.

En condamnant Wang Lijun, le tribunal a insisté sur l'aide qu'il avait apportée dans l'enquête sur Gu Kailai, condamnée le mois dernier à la peine de mort avec sursis, et dans la révélation de crimes d'autres personnes.

«On lui a apparemment attribué le mérite de se retourner contre Bo Xilai et son épouse», note Dali Yang, directeur du Centre de l'université de Chicago à Pékin. «Les révélations contre Bo Xilai donnent matière à la direction centrale pour le renvoyer officiellement et, s'ils le veulent, probablement de l'inculper pour crime.»

Le sort à réserver à Bo Xilai semble être l'une des raisons du report de l'annonce de la date du congrès du Parti communiste, un moment charnière pour installer au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants.

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