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Barack Obama et Mitt Romney s'affrontent sur le terrain diplomatique

24/09/2012 01:12 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - La campagne présidentielle américaine se déplace sur la scène internationale. À l'heure de l'Assemblée générale de l'ONU et de violentes manifestations antiaméricaines liées au film islamophobe, Barack Obama défend sa politique au Moyen-Orient. Accusé de se montrer trop faible envers les ennemis des États-Unis et avec l'allié israélien, le président sortant met son rival républicain au défi de dire s'il veut déclencher une nouvelle guerre.

«Si le gouverneur Romney suggère que nous devrions lancer une autre guerre, il devrait le dire», a lancé Barack Obama sur la chaîne de télévision CBS dimanche soir.

C'est la première fois que le candidat démocrate répond directement aux critiques de Mitt Romney concernant la gestion des violences contre les symboles des États-Unis dans plusieurs pays musulmans. Souvent organisées par des groupes islamistes, les manifestations contre le film islamophobe «Innocence of Muslims», tourné aux États-Unis et attribué à un chrétien copte d'origine égyptienne, ont fait au moins 51 morts depuis le 11 septembre, dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye.

Cela fait déjà plusieurs mois que Mitt Romney critique la diplomatie américaine en Syrie, dénonçant «une politique de la paralysie» et prônant notamment d'armer les opposants au président Bachar el-Assad.

Depuis le début des manifestations antiaméricaines liées au film, le candidat républicain tente de casser l'avantage du président Obama dans les sondages sur les questions internationales. Il juge «scandaleuse» la gestion de la situation par l'administration Obama et critique le manque de leadership américain dans la région.

Dans un entretien également diffusé sur CBS, le candidat républicain a élargi ses reproches à l'attitude de Washington envers Israël, qualifiant d'erreur l'absence de rencontre entre Barack Obama et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU. Pour Mitt Romney, cela «envoie au Moyen-Orient un message de prise de distance avec nos amis».

La Maison-Blanche a invoqué l'agenda de MM. Obama et Nétanyahou, qui ne se trouveront pas à New York en même temps. À six semaines de la présidentielle du 6 novembre, le président américain a choisi de ne pas avoir de tête-à-tête avec ses homologues lors de sa visite-éclair aux Nations unies mardi, où il prononcera un discours.

Mais le locataire de la Maison-Blanche a tenu à démentir toute influence de Benyamin Nétanyahou, qui exhorte Washington à définir une «ligne rouge» en matière nucléaire iranien, dont le franchissement entraînerait une intervention militaire américaine.

«Quand il s'agit de décisions relevant de notre sécurité nationale, la seule pression que je ressens, c'est de faire ce qui est juste pour le peuple américain», a rétorqué Barack Obama. «Et je vais couper court à toute rumeur qui circule.»

Dans un précédent entretien accordé au lendemain de la mort de l'ambassadeur américain Chris Stevens à Benghazi, en Libye, le président Obama avait déjà défendu sa politique étrangère en mettant de l'avant ses succès: la mort d'Oussama ben Laden et la fin de la guerre en Irak.

Ces entretiens des deux candidats à la chaîne CBS surviennent alors que l'équipe de campagne de Mitt Romney tente de faire oublier une série de faux pas et d'inquiétudes dans le camp républicain. La diffusion d'une vidéo dans laquelle M. Romney évoquait «47 pour cent d'Américains» dépendants du gouvernement dont il ne rechercherait pas les votes a conforté son image de candidat des riches que lui renvoient les démocrates.

Incité à passer moins de temps à collecter des fonds pour mieux expliquer son programme aux électeurs, Mitt Romney va désormais se concentrer sur quelques États stratégiques et aux trois débats télévisés prévus contre le président Obama à partir du 3 octobre.

Après le Colorado, Mitt Romney entamait donc lundi une tournée de trois jours en autocar en Ohio et en Virginie, des États que Barack Obama avait pris aux républicains en 2008. Si les sondages nationaux restent serrés, des études menées dans ces États stratégiques suggèrent une avance du président sortant. Barack Obama l'avait emporté par neuf points en 2008 dans le Colorado, qui avait pourtant voté républicain aux trois présidentielles précédentes.

L'issue de l'élection du 6 novembre réside pour les deux candidats dans les sept pour cent d'électeurs qui n'ont pas encore arrêté leur choix mais qui ont l'intention de voter, d'après un sondage GfK mené pour le compte de l'agence Associated Press.

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