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Amnesty dénonce la condamnation d'un ex-conseiller du président tunisien

24/09/2012 02:56 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Amnesty International a dénoncé lundi la condamnation d'un ex-conseiller à la présidence tunisienne, Ayoub Messaoudi, appelant les autorités de mettre fin aux entraves à la liberté d'expression, dans un communiqué publié à Tunis.

"Les autorités tunisiennes doivent mettre fin à des restrictions croissantes de la liberté d'expression", a déclaré l'organisation après le jugement de M. Messaoudi par un tribunal militaire pour avoir critiqué l'armée.

Selon AI, les autorités tunisiennes "doivent faire en sorte que tous les Tunisiens soient capables de critiquer (...) sans crainte de harcèlement ou de représailles".

L'ex-conseiller a été condamné vendredi à quatre mois de prison avec sursis pour avoir dénigré l'armée et diffamé le chef d'état-major, Rachid Ammar, et le ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi.

Le prévenu les avait accusés le 15 juillet lors d'une émission télévisée de "trahison d'Etat" pour ne pas avoir informé le président Moncef Marzouki de l'extradition vers la Libye fin juin de l'ex-Premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi, un transfèrement qui avait provoqué une profonde crise politique.

La condamnation de Messaoudi est "un autre coup dur pour le droit à la liberté d'expression en Tunisie et devrait être annulée immédiatement", a estimé Hassiba Hadj Sahraoui, chargée du Moyen-Orient et Afrique du nord au sein de l'ONG.

Ayoub Messaoudi qui était jugé depuis le mois d'août a indiqué à l'AFP qu'il allait interjeter appel et dénoncé des "lois anachroniques dans la Tunisie post-révolutionnaire".

Il a par ailleurs indiqué qu'il continuera dans les prochaines semaines à réclamer une confrontation avec les acteurs de l'extradition de Baghdadi al-Mahmoudi, la jugeant illégale alors que le président tunisien s'y opposait.

Bsh/hj

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