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A l'ONU, Clinton exhorte le monde à s'unir contre l'extrémisme islamiste

24/09/2012 04:46 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Inquiète des violences antiaméricaines dans le monde arabe, Hillary Clinton a exhorté lundi la communauté internationale à se dresser contre l'extrémisme islamiste et a enchaîné les rencontres avec des dirigeants musulmans à la veille de l'Assemblée générale de l'ONU.

Les Etats-Unis sont sous le choc depuis "l'attaque terroriste" du 11 septembre contre leur consulat à Benghazi (Libye) qui a coûté la vie à leur ambassadeur et Washington cherche à répondre à la vague de manifestations et de violences en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Asie soulevée par un obscur film amateur américain dénigrant l'islam.

Depuis deux semaines, la chef de la diplomatie américaine martèle le même message à l'adresse des pays arabes et musulmans, dont certains viennent de faire leur révolution du Printemps arabe: les Etats-Unis ne "tourneront pas le dos" aux peuples et aux dirigeants de ces nations qui "n'ont pas troqué la tyrannie d'un dictateur pour la tyrannie des foules". Elle l'a répété lors d'un colloque à New York à la veille de la 67e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

En allusion aux attaques des derniers jours contre les représentations diplomatiques américaines en Libye, en Egypte, au Soudan, en Tunisie ou au Pakistan, Mme Clinton a exhorté le monde à s'unir contre les "extrémistes" islamistes et à appuyer la démocratisation de ces pays.

"L'unité de la communauté internationale est cruciale parce que des extrémistes partout dans le monde s'échinent à nous diviser. Nous devons nous rassembler pour résister à ces forces et soutenir les transitions démocratiques en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient", a lancé la secrétaire d'Etat.

Mme Clinton passe toute la semaine à l'ONU et enchaîne une vingtaine d'entretiens bilatéraux normalement réservés au président Barack Obama, qui est cette année pris par sa campagne.

Aux dirigeants et peuples du monde arabo-musulman, elle a exprimé les remerciements des Etats-Unis "pour s'être exprimés contre la violence et la haine". Avec une mention particulière pour les habitants de Benghazi qui "ont pleuré la perte de l'ambassadeur Stevens" et "repoussé les extrémistes" en se soulevant vendredi contre des milices armées, dix jours après la mort du diplomate et de trois autres agents américains.

Mme Clinton a écouté attentivement le président libyen Mohamed Magariaf lui promettre que le régime né de la chute du colonel Kadhafi en octobre 2011 ne "sera pas un poids pour la communauté internationale".

Dès le lendemain de l'attaque de Benghazi, les Etats-Unis, qui furent les principaux contributeurs à l'opération de l'Otan en Libye, avaient assuré Tripoli de leur "amitié" durable.

Mme Clinton s'est aussi évertuée à réchauffer les relations avec le Pakistan, mises à mal par l'opération américaine contre Oussama Ben Laden en mai 2011 et les attaques ciblées de drones américains contre des islamistes à la frontière afghano-pakistanaise.

Elle a rencontré le président Asif Ali Zardari qu'elle a appelé "mon ami" avant de lui dire à quel point les Etats-Unis avaient "apprécié la réponse forte de (son) gouvernement" aux violences antiaméricaines déclenchées par le film "L'innocence des musulmans", sur fond de profond ressentiment antiaméricain au Pakistan.

M. Zardari lui a répondu "qu'une ou deux personnes dérangées ne devaient pas mettre en péril la paix mondiale, sous couvert de la liberté d'expression".

Le Pakistan a été l'un des principaux foyers de violences ces derniers jours. Vendredi, des manifestations de 45.000 personnes ont dégénéré en affrontements avec la police, faisant 21 morts et plus de 200 blessés. Et un ministre a mis à prix pour 100.000 dollars la tête du réalisateur du film. Une initiative que le gouvernement pakistanais a condamnée.

nr/jca

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