POLITIQUE

Raymond Bachand juge hypocrite une hausse d'impôt rétroactive

23/09/2012 01:37 EDT | Actualisé 23/11/2012 05:12 EST
CP

MONTRÉAL - Le Parti Québécois (PQ) est hypocrite ou incompétent, estime l'ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, qui va jusqu'à brandir la possibilité d'un exode des Québécois vers l'Ontario, au lendemain des révélations du quotidien Le Soleil au sujet d'une possible hausse rétroactive d'impôts pour les plus fortunés.

Pour celui qui siège désormais dans l'opposition à titre de député libéral dans la circonscription d'Outremont, le choix du PQ — qui souhaiterait ajouter deux paliers d'imposition pour combler le manque à gagner causé par l'annulation de la taxe santé — s'explique par l'un des deux scénarios suivants:

Soit les péquistes n'ont pas conscience du «trou» d'un milliard de dollars que va créer l'abolition de la taxe santé, soit ils en sont conscients depuis le début de la campagne, mais ont choisi de le cacher.

C'est donc «l'incompétence et l'improvisation» ou «l'hypocrisie et de la dissimulation», résume M. Bachand, dont le dernier budget prévoyait des revenus de 1,005 milliard $ pour l'année 2012 grâce à la taxe santé.

«Il faudrait peut-être qu'ils [les péquistes] entrent dans le ministère des Finances pendant plus de trois heures au lieu d'improviser, a-t-il lancé dimanche. Les finances publiques, c'est quelque chose qu'il faut regarder à fond.»

La directrice des communications de Pauline Marois, Shirley Bishop, a laissé entendre samedi que le PQ prévoit hausser les impôts des Québécois qui gagnent 130 000 $ et plus afin de compenser pour les cinq millions de personnes qui ne paieront pas la taxe santé de 200$, que le PQ a décidé d'annuler.

Or la hausse d'impôts serait rétroactive, c'est-à-dire qu'elle s'appliquerait sur les sommes gagnées en 2012. Ainsi les Québécois pourraient remarquer l'entrée de deux nouveaux paliers d'imposition dès l'arrivée de leurs feuillets d'impôts au printemps 2013. L'un des paliers viserait les contribuables qui gagnent 130 000 $ et plus, et l'autre, ceux qui gagnent 250 000$ et plus.

Aux yeux de M. Bachand, cette mesure divise davantage qu'elle les unit, car trois pour cent des Québécois paient «déjà 30 pour cent de tous les impôts».

«Ce n'est pas compliqué pour quelqu'un de Gatineau d'aller se prendre une résidence à Ottawa. Il va continuer de travailler au Québec, mais payer ses impôts en Ontario», a-t-il déclaré pour illustrer son opposition aux visées du PQ.

«L'objectif de quelqu'un qui veut unir, ce n'est pas d'appauvrir les riches, c'est d'aider la classe moyenne.»

S'il est inquiet de l'impact des décisions du PQ sur les investissements au Québec, M. Bachand y trouve à tout le moins une source de motivation.

«Quand je vois ce que Mme Marois fait depuis une semaine, ça me motive doublement à entrer dans la course à la chefferie du Parti libéral», a-t-il admis, sans cacher son intérêt à prendre les rennes de son organisation.

«Je suis très, très intéressé, j'ai beaucoup d'appuis. Quand on sera mûr pour faire une annonce, on la fera», s'est-il toutefois contenté de dire.

En attendant, il conseille aux troupes de Pauline Marois d'agir avec prudence.

«Quand on a 32 pour cent du vote populaire, on devrait prendre la victoire avec modestie et agir en conséquence, et non agir comme si les trois quarts des Québécois nous avaient élu», a-t-il suggéré. «Moi, taxer les Québécois 54 pour cent en taux marginal... On ne vit pas en Norvège, on vit dans une planète qui s'appelle le Canada.»

Le Parti Québécois a remporté les élections du 4 septembre dernier en obtenant 32 pour cent des votes. Le Parti libéral, deuxième, a recueilli 31 pour cent des votes, son pire résultat depuis les débuts de la Confédération, en 1867. En décembre 2008, il avait été élu après avoir reçu 42 pour cent des votes.

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