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Obama, Romney ont dû répondre à de difficiles questions à «60 Minutes»

23/09/2012 11:13 EDT | Actualisé 23/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama et Mitt Romney, qui espère le priver d'entamer un deuxième mandat au Bureau Ovale, ont accordé des entrevues séparées à «60 Minutes» dimanche, cette prestigieuse émission d'affaires publiques du réseau CBS qui exerce une grande influence depuis de nombreuses années sur la présidence et la politique américaines.

Les deux candidats ont dû affronter des questions difficiles portant sur leurs faiblesses et vulnérabilités.

Dans un interview diffusée deux jours avant qu'il ne s'adresse aux Nations unies, M. Obama a rejeté les nombreuses critiques de M. Romney à l'effet qu'il est mou en matière de défense nationale, ajoutant que si son rival «laisse sous-entendre que les États-Unis devaient déclencher une autre guerre — il devrait le dire».

Le président sortant a défendu ses efforts pour mettre fin aux conflits en Irak et en Afghanistan, et rappelé ses tentatives, couronnées de succès, visant à traquer et éliminer Oussama ben Laden, le cerveau des attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Et il a laissé sous-entendre qu'il ne laisserait pas M. Romney, ni le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lui dicter une ligne de conduite à l'endroit de l'Iran.

Grisonnant et fatigué mais parfois combatif, M. Obama a accordé cette entrevue le 12 septembre, soit au lendemain de l'assassinat de l'ambassadeur américain en Libye, survenu lors d'une manifestation de violence anti-américaine au Moyen-Orient.

Il a fortement critiqué la réaction de M. Romney aux actes de violence. Le candidat républicain avait affirmé, erronément, que la Maison-Blanche avait offert ses excuses aux auteurs des gestes de violence.

«Il semble que le gouverneur Romney était mal informé», a déclaré M. Obama.

«Le gouverneur Romney semble avoir tendance à tirer d'abord et viser ensuite. Et l'une des choses que j'ai apprises à titre de président, c'est que vous ne pouvez agir de la sorte, qu'il est important de s'assurer que vos déclarations s'appuient sur les faits et d'en évaluer les conséquences avant de les faire», a ajouté le président sortant.

De son côté, lors de l'entrevue qu'il a lui-même accordé à «60 Minutes», M. Romney a affirmé que cette décision «lançait un message dans l'ensemble du Moyen-Orient à l'effet que, d'une manière ou d'une autre, nous nous éloignons de nos alliés et je pense qu'il faut employer la méthode contraire.»

M. Romney a fait l'objet de sévères critiques après de récents commentaires à l'effet que près de la moitié des Américains jugeaient avoir droit aux subventions gouvernementales.

Mais malgré le fait que M. Obama ait accru son avance à l'échelle du pays et dans certains États jugés cruciaux, M. Romney assure qu'il ne sent pas le besoin de faire volte-face.

«J'ai une campagne très efficace. Nous faisons de l'excellent travail. Mais ce que je dis n'est pas toujours élégant.»

Lors de l'interview, M. Romney a critiqué la vision de son rival démocrate pour les États-Unis, soutenant qu'elle implique un rôle trop important du gouvernement dans la vie des Américains.

Le candidat républicain s'est par ailleurs fait demander pourquoi les Américains devraient lui faire confiance compte tenu du fait qu'il a changé d'opinion sur plusieurs sujets. Par exemple, alors qu'il était gouverneur de l'État du Massachusetts, il y a dix ans, il était pro-choix; aujourd'hui, il est pro-vie.

«Mes principes sont ceux que je prône depuis le début de ma carrière en politique. Mais ai-je appris? Absolument», a-t-il lancé.

Dans dix jours, MM. Obama et Romney auront l'occasion de débattre des grands thèmes, lors du premier de trois débats présidentiels, le 3 octobre à Denver.

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