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Le terrain en Syrie échappe de plus en plus au régime (colonel rebelle)

23/09/2012 02:10 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

Le terrain en Syrie échappe de plus en plus aux forces du régime de Bachar al-Assad et seule leur supériorité aérienne leur permet de ne pas être submergées, a affirmé dimanche à l'AFP un chef rebelle.

"Avec ou sans aide extérieure qui pourrait nous être apportée, la chute du régime est une question de mois, pas d'années", a dit le colonel Ahmad Abdel Wahab, rencontré dans le village d'Atmé, proche de la frontière turque, et qui assure commander une brigade de 850 hommes de l'Armée syrienne libre (ASL).

"Si nous avions des armes anti-aériennes et anti-chars efficaces, nous pourrions très vite prendre l'avantage", a-t-il assuré. "Mais si les pays étrangers ne nous en donnent pas, même sans cela nous vaincrons. Ce sera plus long, c'est tout".

"Nous contrôlons la plus grande partie du pays. Dans la plupart des régions, les soldats sont prisonniers de leurs casernes. Ils en sortent très peu, et nous agissons à notre guise à peu près partout, sauf à Damas", selon lui. "Il suffit d'éviter les grandes routes, et nous nous déplaçons comme nous voulons".

Il n'est pas possible de vérifier ces déclarations de manière indépendante en raison des fortes restrictions au déplacement des médias étrangers imposées par le régime depuis le début du conflit il y a 18 mois.

Il a précisé avoir été jusqu'à il y a neuf mois colonel dans l'armée de terre, puis avoir fait défection "à cause de l'ampleur des crimes de ce régime, qui massacre sa propre population".

Le colonel rebelle assure diriger quatre bataillons, réunies dans la brigade "Nasser Salaheddine", dans Alep et sa région. Il affirme participer à la réunion quotidienne des chefs rebelles dans cette grande ville du Nord au cours de laquelle les instructions sont données aux insurgés.

Il a dit être en contact avec des officiers restés dans l'armée régulière. "Leur moral est très mauvais. Si les soldats sunnites ne désertent pas, c'est uniquement parce qu'ils ont peur pour leurs familles, qui sont prises en otages. Moi, j'étais parvenu à mettre les miens à l'abri avant de quitter l'armée".

Près de 80% des villes et villages syriens frontaliers de la Turquie échappent au régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'AFP a pu constater dans plusieurs de ces régions que les habitants géraient eux-mêmes les affaires de leur cité.

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