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L'Allemagne lance une enquête pour crimes de guerre contre un ancien garde d'Auschwitz

23/09/2012 11:31 EDT | Actualisé 23/11/2012 05:12 EST

BERLIN - BERLIN (Sipa) — L'Allemagne a lancé une enquête pour crimes de guerre contre un homme de 87 ans, habitant Philadelphie, accusé d'avoir servi comme garde dans le camp de concentration d'Auschwitz, a appris l'Associated Press. Pendant plusieurs années, le ministère américain de la Justice a essayé, sans succès, de lui retirer sa nationalité américaine et de le déporter.

Johann "Hans" Breyer, un fabricant d'outils à la retraite, reconnaît qu'il a été garde à Auschwitz pendant la Deuxième guerre mondiale, mais il a affirmé à AP qu'il était basé à l'extérieur du camp et qu'il n'a rien à voir avec le massacre d'environ 1,5 million de juifs et d'autres prisonniers dans l'enceinte du camp.

Le service spécial qui enquête en Allemagne sur les crimes de guerre nazis a recommandé aux procureurs de l'inculper pour complicité de meurtre et de l'extrader en Allemagne afin qu'il soit jugé pour son implication présumée dans les assassinats d'au moins 344.000 juifs dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, dans la Pologne occupée.

L'AP a aussi obtenu des documents soulevant des doutes sur le témoignage de M. Breyer concernant la date de son départ d'Auschwitz.

Ce dernier a reconnu lors d'un entretien réalisé dans sa modeste maison de Philadelphie qu'il était dans les Waffen SS à Auschwitz, mais il dit n'avoir jamais travaillé dans la partie du camp où ont eu lieu les exterminations des juifs.

"Je n'ai tué personne, je n'ai violé personne", a-t-il déclaré à l'AP. "Je n'ai rien fait de mal", a-t-il assuré.

Cette affaire est traitée sur la même base juridique que celle utilisée pour poursuivre John Demjanjuk, ancien ouvrier du secteur automobile dans l'Ohio (nord-est des Etats-Unis), décédé en mars dernier à l'âge de 91 ans. Extradé des Etats-Unis vers Munich en mai 2010 au terme d'une longue bataille juridique, il avait été condamné en mai 2011 à Munich à cinq ans de prison pour complicité de meurtres en tant qu'ancien garde du camp d'extermination nazi de Sobibor. Ses avocats avaient fait appel et le nonagénaire avait été laissé en liberté.

Selon des experts, au moins 80 anciens gardes ou d'autres personnes qui travaillaient dans des camps d'extermination, qui pourraient être inquiétés au même titre que John Demjanjuk, seraient encore en vie aujourd'hui, près de 70 ans après la fin de la guerre.

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