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Tunisie: sursis pour un ex-conseiller du président poursuivi par l'armée

22/09/2012 07:41 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

Un ex-conseiller à la présidence tunisienne, Ayoub Messaoudi a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir diffamé l'armée et son commandement, a-t-il dit samedi à l'AFP, dénonçant un verdict qui "sacralise" les militaires.

"Ce jugement consacre la sacralisation de l'institution militaire et de son commandant, Rachid Ammar", a-t-il dit, dénonçant des "lois anachroniques dans la Tunisie post-révolutionnaire".

"On fera appel le plus rapidement possible, pour nous il s'agit d'une mascarade", a déclaré M. Messaoudi.

Ayoub Messaoudi était jugé depuis le mois d'août à huis clos par un tribunal militaire pour dénigrement de l'armée et diffamation du chef d'état-major, Rachid Ammar, et du ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi.

Le prévenu les avait accusés le 15 juillet lors d'une émission télévisée de "trahison d'Etat" pour ne pas avoir informé le président Moncef Marzouki de l'extradition vers la Libye fin juin de l'ex-Premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi, un transfèrement qui avait provoqué une profonde crise politique.

Ce procès avait été vivement critiqué par les défenseurs des droits de l'Homme, qui y voient une atteinte à la liberté d'expression ainsi qu'au droit à un procès équitable, l'armée étant juge et partie dans l'affaire.

M. Messaoudi, qui risquait cinq ans de prison ferme, a estimé que sa condamnation relativement clémente est le résultat de la pression médiatique et civile.

"En voyant l'élan de solidarité civil et des médias, ils ont refait leurs calculs", a-t-il jugé, "mais il s'agit tout de même d'une peine de prison, même avec sursis".

Il a par ailleurs indiqué qu'il continuera dans les prochaines semaines à réclamer une confrontation avec les acteurs de l'extradition de Baghdadi al-Mahmoudi, la jugeant illégale alors que le président tunisien s'y opposait.

M. Messaoudi a enfin regretté que le chef de l'Etat, qui avait vivement critiqué l'extradition, a désormais "abandonné la bataille démocratique".

alf/hj

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