DIVERTISSEMENT

Festival Pop Montréal: David Byrne et St-Vincent à l'église Pop

22/09/2012 04:19 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST
PC

C'est dans une rencontre cérémoniale pactée de fidèles à la grande église Saint-Jean-Baptiste de la rue Rachel, à Montréal, que le monument David Byrne, ancien Talking Heads, et la jeune chanteuse et guitariste indie américaine Annie Clark, communément appelée St-Vincent, ont partagé leur tout récent album Love This Giant. Collaboration improbable qui avait fait sourcillé mélomanes et journalistes avant la parution de l'encodé, ce travail conjoint résulte en un concert quelque peu expérimental, mais accessible, très cool, intelligent et vibrant d'une belle énergie.

Des années-lumière après le premier album de Talking Heads, Byrne, qui a franchi le cap des 60 ans, était au festival Pop Montréal pour l'une des propositions les plus courues de l'événement 2012. Lovés contre le calorifère datant d'un autre siècle, nous attendons le début de la prestation. Un bref regard sur les lieux permet de constater que vraiment, les Montréalais aiment David Byrne. Puisque, fondamentalement, c'est lui la tête d'affiche de cette soirée.

Vers 20h15, l'homme, à la belle allure charismatique et rayonnante dans son costard blanc et noir (d'autant plus quand il a enlevé son veston, devenant d'une immaculée blancheur), arrive sur scène avec un armada de musiciens trimbalant leurs instruments à vent (saxophones, trombones, tuba, trompettes, etc.). Pour St-Vincent, la belle, c'est la guitare électrique et la jolie robe noire et mauve un tantinet scintillante. Quant aux autres acolytes, une bonne dizaine de joueurs de cuivres, claviers et batterie, ils sont aussi très élégants dans leurs habits de cocktail jazzy à la new-yorkaise.

Le bon son

Who, morceau pop-funk du disque Love This Giant, est lancé. Et il sonne bien. Bon rythmes mélodiques du cor français pour partir le bal, voilà que le « sun goes down » dans la joie. Pour ce qui est de St-Vincent, elle ne bouge pas beaucoup, et ne bougera d'ailleurs pas beaucoup de la performance générale sinon des petits pas ici et là. Mais sa voix, par contre, viendra joliment agrémenter celle de l'homme à la chevelure blanche hirsute qui bouge comme s'il était trop content, mais zen. Sans oublier bien entendu les mouvements robotiques, encore présents mais choisis avec plus de parcimonie. Pour respecter l'idée de la collaboration, Annie Clark interprète aussi quelques morceaux sur les planches. Durant ce temps, Byrne jouera de la guitare, frappera des mains, chantera en chœurs ou livrera quelques chorégraphies bien à lui...

Le son, lui, n'est pas génial, mais considérant l'environnement, on fait avec ce qui nous est proposé, et vraiment, c'est bien mieux qu'on aurait pu le croire. En fait, il est de meilleure qualité qu'au spectacle de la formation indépendante américaine Death Cab For Cutie (autre soirée signée Evenko) qui s'y était produite il y a un certain temps.

Les arrangements up tempo, mélodiques et souriants (la plupart du temps) continuent d'habiller un spectacle plaisant à entendre et regarder (les chorégraphies des 12 artistes présentées de temps en temps étaient vraiment à voir), au grand plaisir des centaines et centaines de personnes de l'audience qui semblent même heureuses d'être assises sur des bancs de bois.

Plus d'une heure et demie plus tard et deux généreuses ovations, Byrne, St-Vincent et leur talentueux musiciens auront joué un amalgame de chansons du nouveau disque (dont Lazarus, The Forest Awakes, Weekend In The Dust, I Should Watch TV, Lightning, Outside of Space and Time), du travail de St-Vincent outre Love The Giant comme Save Me From What I Want, Cheerleader, Marrow ou encore la magnifique Cruel, des morceaux de l'œuvre du chanteur Like Humans Do (agrémenté de courts solos des musiciens pour ajouter à l'allégresse collective) et Lazy. On entendra aussi certains classiques de Talking Heads : l'incontournable Burning Down the House (les gens enthousiasmés se trémoussent sans se faire prier) ou Road to Nowhere en fin de soirée.

Dans l'ensemble, le spectacle Love the Giant fut accueillie comme la bonne nouvelle. En définitive, un beau mariage qui n'enlève ni à l'expérience, ni à la jeunesse.