NOUVELLES

Nouveaux combats à Alep, la France réfléchit à une zone d'exlusion aérienne

22/09/2012 05:50 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

De violents combats sont en cours dans l'ouest de la province d'Alep, où selon une ONG syrienne le régime de Damas craint l'instauration d'une large zone tenue par les insurgés.

Alors qu'aucune issue n'est en vue pour ce conflit, qui a déjà fait 29.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la France a relancé l'idée d'une zone d'exclusion aérienne, réclamée par l'opposition syrienne.

De violents combats se déroulent depuis plusieurs heures dans les localités d'Orm et de Kafar Joum, dans l'ouest de la province d'Alep, a indiqué l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants.

Au moins 11 soldats syriens et cinq rebelles ont péri samedi dans ces combats selon cette organisation basée en Grande-Bretagne.

Dans cette région proche de la frontière de la Turquie, des rebelles ont attaqué des barrages à Abezmo, où une femme a été tuée dans un bombardement.

"Dans cette zone, l'Etat n'a plus de présence sauf dans les postes militaires et administratifs", affirme Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Selon lui, le régime veut à tout prix éviter que les rebelles parviennent à connecter cette partie de la province d'Alep avec la province d'Idleb, car cela formerait une grande région insurgée, aux portes de la Turquie, qui soutient la rébellion.

Dans la ville même d'Alep, de puissantes explosions dues à des tirs d'artillerie ont été entendues à l'aube à travers la métropole du nord, a constaté le correspondant de l'AFP.

Dans la deuxième ville de Syrie, théâtre d'une bataille cruciale depuis deux mois, les quartiers de Katergi, Chaar, Sakhour, Hanano, Arkoub (est) et Marjé (sud) ont été bombardés à l'aube, rapporte de son côté l'OSDH.

Le souk d'Alep, déserté et traversé par la ligne de front, reste épargné par les raids aériens, a constaté l'AFP.

Vendredi, les violences ont fait au total 142 morts --88 civils, 32 soldats et 22 rebelles selon l'organisation.

A Rome vendredi, le président du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, Abdel Basset Sayda, a estimé que le conflit avait atteint "un point d'extrême gravité", susceptible de provoquer "une situation catastrophique et davantage d'extrémisme y compris dans les pays voisins".

Evoquée au mois d'août par la communauté internationale, avant de disparaître du débat public, l'idée d'une zone d'exclusion aérienne, réclamée par l'opposition syrienne pour empêcher les raids aériens des forces gouvernementales sur des quartiers tenus par les insurgés, refait surface.

"Nous travaillons, pas seulement nous, mais beaucoup de pays travaillent sur cette question de zone d'exclusion aérienne, mais il est clair que pour le moment c'est très difficile à mettre en place", a déclaré un haut responsbale français à Washington.

"Nous parlons avec tous nos partenaires, les Turcs, les Américains, les Britanniques et d'autres, mais nous n'avons pas pour le moment l'élan politique pour monter dans un proche avenir une zone d'exclusion aérienne", a ajouté ce responsable qui s'exprimait en anglais auprès de quelques journalistes.

Un tel projet nécessite un feu vert du Conseil de sécurité, une hypothèse exclue compte tenu de l'opposition de la Russie et de la Chine.

En visite le 13 septembre au Liban, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait jugé irréaliste la création de zones d'exclusion.

Face à l'imposant arsenal des forces loyalistes syriennes, venant notamment de Russie et d'Iran, les rebelles ont réclamé aux pays occidentaux la mise en place de cette zone, tout comme l'établissement de zones-tampons en Syrie, et la fourniture d'armes pour affronter le régime qu'ils entendent renverser.

Mais les grandes puissances se sont généralement prononcées contre ces livraisons.

Trois membres d'un groupe d'opposition basé en Syrie, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), enlevés jeudi près de Damas, sont toujours disparus, a indiqué le CCCND, mettant en cause les services de sécurité syriens.

"Ils ont probablement été arrêtés par les renseignements de l'armée de l'air. Et de toute façon, ce sont les forces de sécurité et les renseignements de l'air qui en sont responsables", a affirmé à l'AFP le chef du CCCND, Hassan Abdel Azim, sans élaborer.

Ces trois opposants ont été enlevés sur la route de l'aéroport, où l'un d'eux venait de rentrer de Chine, selon ce groupe et l'OSDH.

bur/hj/cnp

PLUS:afp