Un déplacement à New York de Mahmoud Ahmadinejad ne passe jamais inaperçu. Divers mouvements et manifestants entendent montrer au président iranien, attendu ce week-end à l'approche du débat général à l'Assemblée générale des Nations unies, qu'il n'est "pas le bienvenu".

"Nous voulons qu'il le voie", souligne Nathan Carleton, porte-parole de l'association Unis contre un Iran nucléaire. Comme l'an dernier, les militants de ce mouvement vont se poster devant le "Warwick", luxueux hôtel du centre de Manhattan où le chef d'Etat iranien est descendu en 2011. Il y est de nouveau attendu cette année, même si la direction de l'établissement se refuse à tout commentaire.

D'après M. Carleton, des militants ont également réservé une chambre dans l'hôtel, avec l'espoir de porter leur colère au plus près du dirigeant iranien et son entourage. "Nous avons des gens dans l'hôtel qui portent des T-shirts avec son visage barré d'une croix", ajoute-t-il.

Unis contre un Iran nucléaire et des organisations juives comme le B'nai B'rith International ont de leur côté demandé à la direction du "Warwick" de ne pas accueillir dans leur établissement le président d'un "régime voyou". Mahmoud Ahmadinejad, pointent-ils, a nié à plusieurs reprises l'existence de l'Holocauste, appelé à rayer Israël de la carte, accusé les Etats-Unis d'avoir orchestré les attentats du 11-Septembre et opprime son peuple.

Pour Daniel Mariaschin, vice-président du B'nai B'rith International, "les entreprises américaines n'ont pas l'obligation d'accepter n'importe quelle délégation de l'Assemblée générale de l'ONU". Le débat général de la 67e session se tient du 25 septembre au 1er octobre.

Un cabinet juridique israélien représentant un New-Yorkais blessé dans un attentat-suicide perpétré en 1997 par le Hamas a de son côté introduit la semaine dernière une requête devant un tribunal fédéral de Manhattan -qui l'a rejetée.

Le Centre juridique Shurat Hadin Israel demandait que le "Warwick" refuse d'accueillir Mahmoud Ahmadinejad, ou verse le montant de son séjour au plaignant, Samuel Hersh.

Celui-ci a intenté une action en justice contre l'Iran, accusant ce pays de soutenir le Hamas. M. Hersh, qui vit aujourd'hui en Israël, a obtenu 12 millions de dollars (9,2 millions d'euros) de dommages et intérêts. "Mais nous n'avons pas pu toucher le moindre argent. En ce qui me concerne, c'est une question de justice", dit-il.

Le tribunal fédéral de Manhattan a jugé sa requête irrecevable, soulignant qu'une réservation hôtelière ne constituait pas une propriété et ne pouvait dès lors donner lieu à un versement d'argent.

Le mouvement Iran180, qui milite pour "les droits de l'Homme en Iran et non les droits du nucléaire", fait pour sa part signer une pétition sur son site Internet et Facebook, "New York à Ahmadinejad: vous n'êtes pas le bienvenu".

Selon Christopher DeVito, directeur d'Iran180, une manifestation est prévue devant le siège de l'ONU mercredi, jour où le président iranien doit prendre la parole.