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Moscou: la police ouvre une enquête après la mort suspecte de dizaines de chiens

22/09/2012 08:42 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

MOSCOU - Vera Lesovets montre des photographies de Yacha, une chienne corgi de cinq ans jouant joyeusement avec un berger allemand deux fois plus grand qu'elle.

Mais Yacha vient de mourir, après avoir grignoté quelque chose dans un parc du sud-ouest de Moscou où les propriétaires viennent promener leurs chiens. Ce n'est pas un cas isolé. A la clinique, le vétérinaire a expliqué avoir vu six cas semblables au cours de la semaine.

Et la police a reçu de nombreuses plaintes: un ou des inconnus jetteraient des boulettes de viande empoisonnée dans le parc du Cinquantenaire de la Révolution d'Octobre. Selon les estimations basées sur les plaintes, entre 40 et 70 chiens sont morts empoisonnés ces derniers jours, ce qui a incité la police à annoncer vendredi l'ouverture d'une enquête.

Une clinique vétérinaire voisine du parc a recensé sur son site Internet 20 cas cette semaine, dont 14 mortels. Les policiers ne savent pas pour le moment qui est impliqué: des habitants du quartier cherchant à protéger leurs enfants contre les chiens errants, nombreux dans la capitale russe, ou des "chasseurs de chiens" qui ont décidé de les capturer et tuer de leur propre initiative.

C'est ce que soupçonne Vera Lesovets. La "chasse aux chiens" est une activité en vogue sur le web russe, note cette professionnelle de la communication. "Ils ont des sites Internet. Ils décrivent comment ils tuent les chiens. Ils publient des photographies, vous disent quel poison est le meilleur et comment se le procurer", détaille-t-elle.

La législation russe prévoit une peine de deux ans de prison pour ceux qui tuent un animal ou lui infligent de mauvais traitements. Mais la loi est rarement appliquée, déplorent les défenseurs des animaux comme Daria Khmelnitskaïa, directrice de la fondation Virta. Neuf cas ont abouti devant les tribunaux depuis 2011, avec une seule condamnation, ajoute-t-elle.

Daria Khmelnitskaïa met également en cause des "chasseurs de chiens". Elle préconise de relever leurs adresses IP, ce numéro d'identification attribué de façon permanente ou provisoire à chaque ordinateur connecté sur Internet, afin de remonter à eux.

Certains sites et forums dédiés ont fermé, mais les informations des chasseurs de chiens sont toujours accessibles et partagées sur d'autres sites, comme Vkontakte, le plus important réseau social en Russie.

Sur le site Vredi.org, on peut lire le manifeste de certains de ces chasseurs, qui se considèrent comme des gardiens de la tranquillité publique. Depuis l'époque soviétique, font-ils valoir, la population de chiens errants à Moscou a explosé et on l'estime aujourd'hui à 25 000, multipliant le risque d'attaques et de morsures.

Mais les Moscovites ont aussi appris à vivre avec ces animaux errants, et beaucoup en ont adopté. Sur le réseau social Vkontakte, un groupe d'opposants aux chasseurs de chiens a été créé, attirant déjà près de 4000 membres.

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