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La rébellion annonce le transfert de son commandement en Syrie

22/09/2012 03:16 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

La rébellion syrienne a annoncé samedi le transfert de son commandement central de la Turquie voisine en Syrie où ses combattants tentaient au prix de violents combats d'élargir la zone sous leur contrôle dans le nord-ouest du pays.

Alors que les protagonistes du conflit semblent décidés à se battre jusqu'au bout, la France a relancé l'idée d'une zone d'exclusion aérienne, réclamée par l'opposition syrienne pour empêcher les raids aériens des forces du régime de Bachar al-Assad sur les bastions rebelles.

La guerre, qui a fait plus de 29.000 morts en 18 mois selon une ONG syrienne, a eu une nouvelle fois débordé sur l'autre voisin, le Liban, où des rebelles syriens ont attaqué un poste de l'armée à la frontière sans faire de victime.

Pressée par la communauté internationale de contrôler les groupuscules extrémistes agissant en son nom, l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, a annoncé le transfert de son commandement en Syrie qui était basé depuis plus d'un an en Turquie.

"Nous annonçons une bonne nouvelle à notre peuple syrien libre et héroïque: le commandement de l'ALS est entré dans les régions libérées", a déclaré son chef, Riad al-Assaad, dans une vidéo diffusée sur internet.

Il n'a pas précisé dans quelle région il siègera, mais selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), près de 80% des villes et villages syriens frontaliers de la Turquie échappent désormais aux troupes du régime.

Selon M. Assaad, le transfert a été décidé après des "arrangements" avec les chefs rebelles sur place, et le but est de commencer "bientôt" le plan de "libération de Damas".

L'ASL, qui compte des milliers de combattants, est minée par des rivalités internes, alors que les généraux à l'extérieur et même à l'intérieur peinent à assurer la coordination avec de multiples groupuscules qui ont proliféré et revendiquent une certaine autonomie.

"C'est la communauté internationale qui fait pression sur l'ASL pour resserrer ses rangs, car elle s'inquiète de la montée des islamistes et jihadistes au sein de la rébellion", a affirmé à l'AFP un expert.

"Ce transfert permettra au commandement d'être plus proche des combattants", a déclaré à l'AFP le général Moustapha al-Cheikh, chef du Conseil révolutionnaire supérieur qui chapeaute l'ASL.

Le 5 septembre, il avait affirmé que les dirigeants rebelles cherchaient à restructurer l'ALS pour tenter de convaincre une communauté internationale réticente à l'idée d'armer la rébellion "sous prétexte que (l'ASL) n'est pas une véritable institution".

Sur le terrain, le conflit déclenché en mars 2011 par une contestation pacifique qui s'est transformée en rébellion armée face à la répression, ne connaissait pas de répit et les morts se comptent par dizaines chaque jour.

Samedi encore, au moins 108 personnes -52 civils, 32 soldats et 24 rebelles- ont péri dans les combats et bombardements à Alep, Idleb (nord), Homs, Hama (centre), Deir Ezzor (est), Deraa (sud) et dans la région de Damas, selon l'OSDH. De plus, les corps de 22 personnes ont été découverts à Damas.

Les affrontements étaient particulièrement violents dans l'ouest de la province d'Alep, la grande métropole du Nord, selon l'OSDH.

D'après cette ONG, le régime veut à tout prix empêcher les rebelles de connecter cette partie de la province d'Alep à celle d'Idleb, plus à l'ouest, car cela formerait une grande région insurgée aux portes de la Turquie, pays en première ligne dans le soutien à la rébellion.

Dans la ville même d'Alep, théâtre d'une bataille cruciale depuis plus de deux mois, plusieurs quartiers ont été bombardés par l'armée. Le souk, déserté et traversé par la ligne de front, reste néanmoins épargné par les raids aériens, a constaté l'AFP.

Des combats ont eu lieu sur la grande artère Souleimane al-Halabi, près du centre-ville d'Alep où les francs-tireurs ont semé la panique parmi les habitants.

"Les combats ont commencé ici il y a deux jours", a affirmé à l'AFP Salah, un habitant qui a fui Souleimane al-Halabi avec sa famille. "Avant, nous nous réfugions dans un abri avec quatre autres familles mais quand nous avons vu que ça allait durer, nous avons décidé de nous installer à Midane", un quartier voisin. "Au moins 80% des gens à Souleimane al-Halabi sont partis".

A proximité, appartements détruits et trous dans les murs. Aucun signe de vie dans les rues environnantes.

En Turquie, les médias ont annoncé le déploiement "de manière préventive" par l'armée turque de canons et missiles anti-aériens près du poste frontière Tall al-Abyad, où les rebelles tentent de repousser les soldats qui cherchent à en reprendre le contrôle.

Evoquée maintes fois déjà, l'idée d'une zone d'exclusion aérienne refait surface, un haut responsable français déclarant à Washington que "beaucoup de pays travaillent" sur cette question même s'il "est clair que pour le moment c'est très difficile à mettre en place".

Un tel projet nécessite le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU, une hypothèse exclue vu l'opposition de Moscou et Pékin, alliés du régime Assad.

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