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GP de Singapour - Cyril Abiteboul: "Caterham est là pour durer"

22/09/2012 09:08 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

L'ingénieur français Cyril Abiteboul, 36 ans, nouveau directeur général de Caterham F1 après 11 ans chez Renault, a expliqué samedi à l'AFP pourquoi il avait accepté de relever le défi proposé par l'écurie anglo-malaisienne de Tony Fernandes qui selon lui "est là pour durer".

Q: Quel bilan tirez-vous de vos onze années chez Renault ?

R: "J'ai commencé chez Renault en travaillant sur l'internet, dans l'activité +e-business+, la vente en ligne, puis sur les aspects commerciaux, financiers et juridiques de la F1, avec des problématiques de droits par rapport à Bernie Ecclestone (propriétaire des droits de la F1). J'ai continué en F1, au gré des évolutions et des mésaventures, jusqu'à la vente de l'écurie Renault F1 à Genii Capital. Il y a eu ensuite le repositionnement de Renault comme motoriste. Le fait d'avoir Red Bull comme client est devenu un pilier stratégique et un atout fondamental pour nous, ce qui nous a amené à multiplier les raisons de rester en F1. Le principal effet positif, c'est qu'on peut contrôler notre investissement en étant motoriste, plus facilement qu'avec une écurie."

Q: Qu'est-ce qui vous a incité à relever le défi de Caterham F1 ?

R: "C'est une rencontre, mais c'est aussi un marché de l'emploi, en F1 comme partout ailleurs. Il y avait un besoin chez Caterham, car ça fait partie de leur croissance, de leur plan de développement. Et de mon côté, j'avais envie de faire autre chose après onze ans passés chez Renault. Caterham F1 est encore loin sur la grille, mais a tous les ingrédients pour faire une recette de cuisine intéressante, une espèce de +fusion food+, avec des actionnaires malaisiens, l'ouverture sur l'Asie, la croissance que ça peut apporter, et cette vision traditionnelle +british+ que j'apprécie beaucoup, dans un environnement très structuré."

Q: Et le côté commercial...

R: "Le côté commercial est très intéressant, car c'est compliqué de faire venir de nouveaux sponsors, et le sport automobile tout seul, ce n'est pas durable. Tony Fernandes (le fondateur de Caterham F1 et Air Asia) est un homme d'affaires et il a envie de durer. Il a une vraie passion et un projet industriel autour de la marque Caterham, qui n'a pas pu se réaliser avec une autre marque (Lotus). Pour durer, il faut mettre les coûts sous contrôle. C'est l'un des secrets de la longévité dans beaucoup de domaines que Tony connaît bien, comme les médias, le show-business ou l'aviation."

Q: D'où vient votre intérêt pour la F1 ?

R: "Mon premier souvenir, malheureusement, c'est le décès de Senna à Imola (en 1994), et aussi la victoire de Panis à Monaco (en 1996), au terme d'une course incroyable. Ma famille ne s'intéressait pas du tout à la F1, mais chaque dimanche après-midi, chez mon père ou ma mère, qui étaient séparés, je regardais le GP de F1. Je n'ai jamais manqué ce rendez-vous hebdomadaire, je ne sais pas pourquoi, mais je le faisais toujours, c'était comme une madeleine de Proust. Et quand j'ai cherché du travail, à la sortie de mon école d'ingénieurs, je n'ai candidaté que chez Renault, pas chez d'autres marques automobiles, parce que j'avais cette affection pour Renault qui venait de la F1. C'est aussi pour cela que je crois à l'importance du sport automobile pour un grand constructeur, pour créer du lien autour de sa marque."

Propos recueillis par Daniel ORTELLI

dlo/sk

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