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Combats près du centre d'Alep, les tireurs embusqués sèment la panique

22/09/2012 12:25 EDT | Actualisé 22/11/2012 05:12 EST

Des combats ont opposé samedi soldats et rebelles près du centre-ville d'Alep où des tireurs embusqués ont semé la panique, ont affirmé des habitants à l'AFP dans cette deuxième ville de Syrie.

Des combats ont éclaté sur la grande artère Souleimane al-Halabi, dont l'accès était interdit par l'armée régulière.

"Les combats ont commencé ici il y a deux jours", a affirmé Salah, un habitant qui a fui Souleimane al-Halabi vendredi avec sa famille. "Avant, nous nous réfugions dans un abri avec quatre autres familles mais quand nous avons vu que ça allait durer, nous avons décidé de nous installer à Midane".

"Quand les rebelles sont venus, beaucoup de familles ont fui. Au moins 80% des gens à Souleimane al-Halabi sont partis", a-t-il indiqué.

Le centre commerçant et historique d'Alep, capitale économique du pays située dans le Nord, est plutôt réservé, voire hostile, à la rébellion en comparaison aux quartiers périphériques, et ce en raison de l'arrêt des affaires.

Dans le quartier voisin de Midane, sous le contrôle du régime, plusieurs habitants ont été pris de panique en entendant des tirs et certains criaient dans une rue proche de Souleimane al-Halabi: "Attention, il y a des tireurs embusqués".

A la périphérie de Midane, on pouvait voir des appartements détruits et des trous dans les murs, et dans les rues environnantes, il n'y avait aucun signe de vie et tous les commerces avaient fermé leurs portes.

Ailleurs dans la métropole, théâtre d'une bataille cruciale depuis plus de deux mois, des combats ont éclaté notamment dans l'est. Cinq membres d'une même famille, dont des enfants, ont été tués dans le bombardement d'un immeuble dans le quartier de Myassar.

Des habitants ont affirmé à l'AFP que des renforts rebelles arrivaient à Sakhour et Chaar (est), où les insurgés essaient de défendre leurs positions face à la puissance de feu de l'armée régulière.

Dans le sud de la ville, à Al-Amiriya, les francs-tireurs des deux camps sont à quelques centaines de mètres. Au coin d'une rue, un sniper rebelle tire derrière des sacs de sable entassés. Derrière lui, d'autres combattants armés d'un lance-roquette et de mitrailleuses s'apprêtent à entrer en action.

"La bataille se joue désormais entre tireurs embusqués", a affirmé à l'AFP Cheikh Walid, chef d'une brigade rebelle.

Dans les rues remplies de déchets et de gravats, quelques rares civils s'aventuraient. Une famille avec deux enfants est revenue dans sa maison et ressortie en portant plusieurs couvertures. Ils sont rapidement partis alors que des combattants arrivaient en renfort. Tous les bâtiments ont des vitres cassées et plusieurs ont été incendiés.

Dans la province d'Alep, au moins 11 soldats syriens ont été tués dans des combats et des attaques rebelles contre des barrages, au cours desquels six insurgés ont également péri, selon l'OSDH.

De violents combats ont éclaté dans les localités d'Orm, Kafar Joum et Abezmo, dans l'ouest de la province d'Alep, près de la frontière avec la Turquie.

"Dans cette zone, l'Etat n'a plus de présence sauf dans les postes militaires et administratifs", affirme Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Selon lui, le régime veut à tout prix éviter que les rebelles parviennent à connecter cette zone de la province d'Alep avec le nord de la province d'Idleb, car cela formerait une grande région insurgée à la frontière avec la Turquie, qui soutient la rébellion.

Ailleurs dans le pays, les forces de sécurité ont bombardé plusieurs bastions rebelles. A Damas, les corps de six hommes exécutés sommairement par balles ont été retrouvés dans le quartier périphérique de Qadam. Près de la capitale, un obus s'est abattu sur un bus civil, tuant sept personnes dont trois femmes, précisé l'ONG.

Samedi, 75 personnes --27 civils, 28 soldats et 20 rebelles ont péri en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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