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Yémen: un salafiste tué dans des heurts avec des rebelles zaïdites

21/09/2012 05:38 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

Un salafiste yéménite a été tué et plusieurs autres ont été blessés vendredi dans des heurts avec des rebelles zaïdites, qui appartiennent à une branche du chiisme, dans le nord du Yémen, a-t-on appris de sources tribales.

Les hostilités ont éclaté à Reda, une ville de la province d'Amran, située à 80 km au nord de Sanaa, lorsque des salafistes et des hommes de tribus ont tenté de s'opposer à une manifestation de rebelles zaïdites protestant contre de récentes nominations administratives dans leurs régions, selon des témoins.

Les deux camps, armés notamment de lance-roquettes RPG, ont reçu des renforts peu après le déclenchement des hostilités et la situation était très tendue dans la ville, ont ajouté les témoins.

Selon des habitants, la tension est montée d'un cran après la récente nomination, contestée par les zaïdites, de responsables, proches du parti islamiste Al-Islah, à la tête de provinces du Nord, dont celles d'Amran, de Jawf et de Hajjah, proches de Saada, le fief de la rébellion.

Ces nouveaux incidents, récurrents entre salafistes et zaïdites, surviennent à l'approche du dialogue national, prévu cet automne dans le cadre de l'accord politique qui a permis le départ en février de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, après des mois de manifestations.

La rébellion zaïdite avait indiqué qu'elle participerait à ce dialogue, dont la date de lancement n'a pas encore été annoncée.

Depuis fin 2011, des affrontements entre zaïdites et fondamentalistes sunnites tentant de prendre le contrôle de certaines régions du Nord ont fait des dizaines de morts.

Les rebelles zaïdites s'étaient soulevés en 2004, s'estimant marginalisés sur les plans politique, social et religieux. Les combats avec l'armée ont fait des milliers de morts avant un cessez-le-feu en février 2010.

Le zaïdisme est une branche du chiisme dont la plupart des adeptes résident au Yémen, où ils sont minoritaires dans un pays à majorité sunnite. Depuis quelques années, les zaïdites ont commencé à exprimer des revendications politiques sous la conduite de leur chef Abdel Malek al-Houthi.

mou/tm/cco

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