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USA: après la tempête des 47%, Romney joue son va-tout, sourd aux critiques

21/09/2012 12:48 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

Après avoir traversé la pire des tempêtes de la campagne présidentielle en jugeant que 47% des Américains avaient une mentalité de "victimes", le candidat républicain Mitt Romney, sourd aux critiques, joue désormais son va-tout à moins de 50 jours du scrutin.

Dans une vidéo prise à son insu en mai et diffusée lundi par le journal de gauche Mother Jones, Romney a déclaré qu'il n'avait "pas à s'occuper" des 47% d'Américains "qui pensent qu'ils sont des victimes" et voteront quoi qu'il arrive le 6 novembre pour le président sortant Barack Obama.

"Romney, croire en LA MOITIE de l'Amérique!", a aussitôt ironisé le parti démocrate, détournant le slogan républicain "Romney, croire en l'Amérique".

Ces "47%" ont même poursuivi Romney jusqu'en Floride, un Etat décisif qu'il a sillonné comme Obama mercredi et jeudi, quand son rival démocrate a estimé que Romney "n'avait pas beaucoup voyagé".

Pour nombre d'observateurs, le candidat républicain s'est mis dans une mauvaise posture, à un moment où sa campagne souffrait déjà de sondages inquiétants et d'impairs de communication.

Le prétendant à la Maison Blanche n'a participé à aucun rassemblement public en cinq jours entre le 14 et le 19 septembre, ne prenant part qu'à des levées de fonds: les journalistes familiers des élections américaines affirment n'avoir jamais vu de candidat rester aussi longtemps en retrait.

Pour autant, Romney reste sourd aux critiques et ses conseillers assurent que la polémique sur la vidéo va bientôt se calmer. "L'élection est très serrée", martèle le principal d'entre eux, Kevin Madden.

"On n'a eu que deux petites controverses ce mois-ci", minimise un responsable de son équipe de campagne, pour qui la stratégie consiste à "se concentrer comme un laser sur l'économie", cheval de bataille de Romney.

"Aucune nervosité" n'a été ressentie par les proches de Romney quand un article a pointé dimanche l'étendue du désordre au sein de son propre camp. Ou quand un éminent dirigeant de sa campagne, Tim Pawlenty, ancien rival de Romney pour l'investiture du parti, a annoncé jeudi sa démission pour rejoindre un lobby bancaire.

Romney a certes tenté de rebondir mercredi en s'en prenant à la culture de "dépendance" défendue selon lui par Obama, usant d'un argument dont il parle "depuis longtemps déjà", font valoir ses conseillers.

Le candidat multimillionnaire a aussi publié vendredi comme promis sa feuille d'impôts 2011, révélant un taux d'imposition de 14,1%, après avoir été accusé de manque de transparence par Obama, qui avait publié en 2008 plus de dix années de feuilles d'impôts.

Sa femme Ann est elle aussi venue vendredi à la rescousse de son mari depuis l'Iowa (centre) pour demander à ceux qui le critiquent dans son propre camp d'"arrêter" et de reconnaître leur "chance" de l'avoir comme candidat.

Pour rebondir, Romney reprendra également la route dès lundi pour trois jours dans l'Ohio (nord), un des Etats-clés de l'élection. La tâche s'y annonce rude car deux sondages donnent encore Obama gagnant dans cet Etat avec sept points d'avance sur son rival.

Les trois débats prévus en octobre entre les deux candidats seront donc cruciaux. Le républicain s'y est beaucoup préparé ces dernières semaines et a déjà participé à une vingtaine de débats lors de la campagne pour obtenir l'investiture de son parti. Barack Obama, lui n'a participé à aucun exercice de ce type depuis 2008.

Certains républicains s'inquiètent pourtant toujours du fait que Romney ne parvienne pas à aiguiser son message et à le porter auprès des électeurs.

"Il y a un sentiment grandissant maintenant parmi les républicains que ces choses lui échappent", estime Peggy Noonan, auteur de discours pour l'ancien président républicain Ronald Reagan. Vendredi, elle enfonçait le clou en qualifiant la campagne républicaine de "calamité permanente".

Après une réunion publique à Sarasota (Floride), un journaliste a demandé à Romney s'il allait faire campagne un peu plus vigoureusement. "Nous sommes en plein dedans, non ?", s'est contenté de répondre le candidat.

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