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La fusion EMI/Universal est acceptée, mais sous certaines conditions

21/09/2012 09:22 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

BRUXELLES - Les organismes de réglementation européens et américains ont approuvé vendredi l'achat par le groupe Universal Music de la célèbre maison de disques britannique EMI, incluant le très lucratif catalogue des Beatles.

La Commission européenne a toutefois imposé d'importantes restrictions sur cette entente, ce qui force Universal à vendre certains des plus gros noms d'EMI, comme Coldplay et Pink Floyd.

Le feu vert européen est en effet subordonné à la cession de Parlophone, la maison de disques de ces deux groupes britanniques, mais également celle de Kylie Minogue et David Bowie. Le catalogue des Beatles, qui sont abrités par cette maison de disques, a cependant été exempté.

Universal devra aussi se départir des divisions de musique classique d'EMI et de nombreux autres actifs de musique que la maison de disques possède dans le monde entier, dont celles des formations Depeche Mode et The Ramones.

Le groupe devra également se séparer des labels EMI France (qui détient le catalogue de David Guetta) ou encore Chrysalis (Depeche Mode, Moby and Nick Cave & The Bad Seeds).

Ces conditions ont été imposées «afin d'éviter qu'Universal n'acquiert un pouvoir trop important sur ce marché», a précisé la Commission européenne dans un communiqué.

«Les engagements très importants proposés par Universal permettront de maintenir la concurrence dans le secteur de la musique et les consommateurs européens pourront ainsi continuer à bénéficier de tous ses avantages», s'est félicité Joaquin Almunia, le commissaire européen en charge de la Concurrence.

La Commission européenne «craignait que cette opération ne confère à Universal un pouvoir excessif sur le marché vis-à-vis de ses clients directs, qui revendent au détail de la musique enregistrée sur support physique et numérique».

Le risque majeur, souligné par Bruxelles, était que le groupe impose «des prix plus élevés et des conditions plus onéreuses d'octroi de licences aux fournisseurs de musique numérique».

De son côté, la Commission fédérale du commerce des États-Unis a signalé que les activités d'EMI et Universal étaient assez différentes pour que l'accord intervenu ne soit pas considéré comme étant anticoncurrentiel.

L'organisme de réglementation a ajouté qu'il ne ressentait pas le besoin d'imposer les mêmes conditions que la Commission européenne en raison de la différence entre les marchés américain et européen.

Le verdict de la Commission fédérale du commerce était le dernier obstacle que devait franchir Universal, qui représente déjà Jay-Z, Nirvana et U2, avant d'aller de l'avant.

Les rivaux d'Universal, comme Warner Music et d'autres maisons de disques indépendantes, se sont fortement opposés à cette fusion, soutenant qu'elle étoufferait les autres joueurs.

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