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Tunisie: l'économie va mieux avec le gouvernement actuel (Ghannouchi)

21/09/2012 07:07 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

L'économie tunisienne est en croissance sous le gouvernement actuel dirigé par les islamistes d'Ennahda, a déclaré à l'AFP le chef de ce parti, Rached Ghannouchi, estimant que sous l'ex-Premier ministre et figure de l'opposition, Béji Caïd Essebsi, elle était en récession.

"Selon l'Institut national des statistiques (INS), la Tunisie a réalisé une croissance de 3,3% alors que le gouvernement précédent de Béji Caïd Essebsi nous a laissé un gouvernement qui a enregistré une croissance négative de -2,8%", a-t-il précisé.

Jeudi, M. Essebsi, chef du parti Nidaa Tounès (l'Appel de la Tunisie) a estimé lors d'une conférence de presse que "ce gouvernement a échoué et n'est plus en mesure de diriger le pays, c'en est fini de la troïka", en référence à la coalition au pouvoir: Ennahda, le Congrès pour la République et Ettakatol, deux partis de centre-gauche.

"Nous avons l'habitude que les jeunes exagèrent dans leurs propos mais c'est étrange de voir un homme de son âge qui prononce une telle exagération", a réagi M. Ghannouchi.

"Ces propos correspondent à l'enthousiasme de la jeunesse et non à la sagesse des vieux", a-t-il encore ajouté faisant allusion à l'âge de M. Essebsi, 85 ans.

M. Essebsi, qui a conduit le pays jusqu'aux élections d'octobre 2011 remportées par Ennahda, a fondé un parti d'opposition cet été qui a gagné en visibilité et en popularité ces derniers mois.

Les islamistes l'accusent pour leur part de réunir les tenants du régime déchu du président Ben Ali.

Les problèmes économiques de la Tunisie, notamment le chômage, étaient au coeur de la révolution de janvier 2011, année marquée par une forte récession dans la foulée du changement de régime.

Par ailleurs, le patronat tunisien (UTICA, Union tunisienne de l'industrie du commerce et de l'artisanat) a mis en garde cette semaine contre "la situation socio-économique fragile du pays".

Il a souligné que l'économie tunisienne faisait "face aujourd'hui à une dégradation du climat d'investissement et à une aggravation des difficultés des entreprises".

kl/alf/feb

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