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L'Irak bloque un avion nord-coréen soupçonné de transporter des armes en Syrie

21/09/2012 05:05 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH - L'Irak a interdit à un avion nord-coréen soupçonné de transporter des armes pour la Syrie de survoler son espace aérien, a déclaré un porte-parole du gouvernement vendredi.

Les autorités américaines ont déjà accusé Bagdad de permettre à l'Iran de livrer des armes au régime de Bachar el-Assad en autorisant des avions iraniens à survoler son espace aérien, une accusation réfutée par le gouvernement irakien. La Corée du Nord et l'Iran sont des alliés du régime syrien, dont l'armée est engagée dans une guerre civile contre les rebelles qui tentent de renverser Bachar el-Assad.

Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Moussawi, a expliqué que les autorités irakiennes avaient rejeté jeudi la demande de la Corée du Nord de laisser l'un de ses avions traverser l'espace aérien irakien pour se rendre en Syrie, parce que l'appareil était soupçonné de transporter des armes.

Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un allié de l'Iran, a nié à plusieurs reprises les allégations voulant que son gouvernement autorise le trafic d'armes vers la Syrie, en affirmant que l'Irak resterait neutre dans le conflit syrien.

La question est devenue un point de friction entre Bagdad et Washington, et la décision du gouvernement irakien d'interdire le passage de l'avion nord-coréen pourrait être une tentative de l'Irak d'améliorer ses relations avec les États-Unis.

Pendant ce temps, à Damas, le président syrien a prédit vendredi la défaite de ses opposants armés et la pérennité de son régime.

Les rebelles «ne réussiront pas» et une intervention militaire étrangère comme en Libye «ne sera pas répétée» en Syrie, affirme-t-il dans une entrevue publiée vendredi par l'hebdomadaire égyptien «Al-Ahram Al-Arabi».

Bachar el-Assad fustige par ailleurs l'Arabie saoudite et le Qatar, qu'il accuse de «fournir aux terroristes des armes et de l'argent, avec l'espoir de répéter le modèle libyen». «Ils pensent que leur argent peut acheter la géographie, l'histoire et un rôle régional», affirme-t-il.

L'entrevue a été publiée au lendemain de bombardements de l'aviation syrienne sur une station-service d'Ain Issa, dans le nord de la Syrie, qui ont causé une explosion faisant au moins 30 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

D'après un nouveau bilan rendu public vendredi par l'OSDH, le conflit en Syrie a fait 29 229 morts depuis mars 2011, soit 20 935 civils, 1153 soldats ayant fait défection et 7141 soldats de l'armée régulière. Le nombre de victimes a augmenté au cours des dernières semaines, l'armée gouvernementale ayant recours aux attaques aériennes et les rebelles utilisant des armes lourdes.

L'OSDH s'appuie sur des rapports de témoins et de membres du personnel médical, a précisé le directeur de l'organisation, Rami Abdul-Rahman, ajoutant que seules les personnes identifiées par leur nom ou grâce à une vidéo amateur avaient été prises en compte. Plusieurs milliers de personnes présumées mortes n'apparaissent donc pas dans le décompte car elles n'ont pu être identifiées, a expliqué M. Abdul-Rahman.

Ces bilans ne peuvent être confirmés de source indépendante en raison des restrictions d'accès imposés à la presse par les autorités syriennes.

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