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L'inflation recule avec les faibles conditions économiques au Canada et ailleurs

21/09/2012 08:44 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

OTTAWA - L'inflation canadienne a continué de reculer en août, glissant d'un dixième de point à 1,2 pour cent, ce que les analystes n'ont pas manqué d'interpréter comme un nouveau signe de ralentissement des économies canadienne et mondiale.

Statistique Canada a en outre fait état d'une baisse de 0,6 pour cent des ventes des grossistes au pays pour le mois de juillet, tandis que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a dévoilé un nouveau rapport dans lequel elle réduit ses prévisions pour la croissance du commerce à 2,5 pour cent pour l'année en cours.

La faiblesse de l'inflation était attendue par les économistes — ils misaient en général sur une croissance des prix inchangée à 1,3 pour cent — mais la chute des ventes des grossistes était trois fois plus importante que prévu.

Plusieurs analystes ont demandé à la Banque du Canada de délaisser son penchant pour le resserrement de sa politique monétaire. Mais indépendamment des préférences de la banque centrale, poursuivent-ils, la probabilité que son gouverneur Mark Carney n'aille de l'avant avec une hausse des taux d'intérêt dans un avenir rapproché est quasiment nulle.

«Même si la lente croissance et les risques posés à l'économie mondiale avaient déjà presque tué la notion que la Banque du Canada puisse bientôt hausser ses taux, le rapport d'aujourd'hui sur l'inflation met le dernier clou dans le cercueil», a estimé la Banque CIBC.

Les plus récentes données, tout comme celles, dévoilées plus tôt, sur le secteur de la fabrication et les mises en chantier, laissent entrevoir une croissance économique décevante pour le trimestre de juillet à septembre, a noté l'économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfeld.

«Nous avions espéré qu'à cause des distorsions qui ont retenu la croissance au deuxième trimestre, nous aurions pu espérer voir un rebondissement de plus de deux pour cent au troisième trimestre», a-t-il indiqué.

«Il semble que ce sera, une fois de plus, inférieur à deux pour cent. Ce n'est pas un trimestre désastreux, mais c'est la poursuite d'une tendance très médiocre pour le Canada.»

Plus tôt cette semaine, la Banque TD a publié des projections pour le troisième trimestre dans lesquelles elle voit la croissance reculer jusqu'à un pour cent, par rapport à 1,8 pour cent pour les deux premiers trimestres de l'année.

Moins de pression en vue

Selon David Madani, économiste chez Capital Economics, les pressions inflationnistes au Canada devraient s'affaiblir dans les mois à venir, même si les prix des aliments devraient commencer à grimper en raison des mauvaises récoltes qui ont suivi les sécheresses estivales aux États-Unis.

Compte tenu de cette perspective, la Banque du Canada devrait abandonner toute forme de déclaration laissant croire qu'elle pourrait resserrer sa politique monétaire, a-t-il estimé.

«Le ralentissement économique en cours au Canada est attribuable à la diminution de la demande extérieure et au ralentissement du marché de l'habitation, ce qui laisse présager un plus grand écart de production et de plus importantes pressions déflationnistes», a expliqué M. Madani.

Une faible inflation est typiquement représentative d'une faible économie où les détaillants et les producteurs font face à une faible demande.

L'inflation de base, qui exclut de son calcul les prix des éléments les plus volatils comme ceux de l'essence et des fruits et légumes frais, a reculé d'un dixième de point à 1,6 pour cent, ce qui reste confortablement sous la cible de deux pour cent préconisée par la Banque du Canada.

L'économiste Robert Kavcic, de la Banque de Montréal, a fait remarquer que l'inflation de base avait atteint son plus faible taux en un peu plus d'un an, après avoir grimpé en février jusqu'à 2,3 pour cent.

Inflation plus forte au Québec

Sur une base mensuelle, les prix ont légèrement grimpé de 0,2 pour cent par rapport au mois de juillet, les prix de l'essence ayant rebondi de 2,7 pour cent au cours du mois. En données désaisonnalisées, les prix ont avancé au rythme plus rapide de 0,4 pour cent.

Cela n'a cependant pas suffit pour faire grimper l'inflation annuelle, compte tenu que les prix avaient aussi rebondi au même mois l'an dernier et que les hausses de prix de la plupart des biens et services sont restées modestes.

Les hausses de prix ayant eu le plus d'impact sur l'inflation annuelle sont celles de l'essence, des véhicules automobiles (+2,0 pour cent), de la viande (+5,7 pour cent) et du coût de remplacement par le propriétaire (+2,2 pour cent).

Dans l'ensemble, les aliments ont coûté 2,2 pour cent plus cher, une légère hausse par rapport à juillet, mais qui ne donne pas encore de signe de la croissance importante attendue plus tard cette année en raison des sécheresses qui ont fortement touché le sud des États-Unis.

Mais les prix du gaz naturel ont reculé de 13,9 pour cent, ceux de l'équipement vidéo de 15,6 pour cent, ceux des vêtements pour femme de 3,4 pour cent, ceux des meubles de trois pour cent et ceux des coûts hypothécaires de 1,8 pour cent.

Avec un bond de 4,6 pour cent en août, les prix de l'essence ont été assez vigoureux pour faire grimper l'inflation annuelle du Québec d'un dixième de point à 2,0 pour cent, la plus forte au Canada. La hausse des prix de l'essence au Québec a été plus de deux plus fois importante que la hausse moyenne au pays, a noté Statistique Canada.

En Ontario, l'inflation est passée de 0,7 pour cent en juillet à un pour cent en août. Au Nouveau-Brunswick, le taux se situait à un pour cent, en hausse de 0,1 point de pourcentage.

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