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Les nonnes disco de "Sister Act" enflamment Mogador

21/09/2012 02:48 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

PARIS - PARIS (Sipa) — Des nonnes qui se trémoussent sans vergogne en habit lamé sur des rythmes disco/soul endiablés, une poignée de bonnes intentions et des tubes à la pelle : Whoopi Goldberg en personne a convaincu haut la main jeudi soir au théâtre Mogador un public conquis d'avance, dont Charles Aznavour ou Marisa Berenson, de la bonne tenue de la version française du spectacle musical "Sister Act" dont elle est la coproductrice avec Stage Entertainment.

Adapté du film éponyme de 1992 dans lequel elle tenait le rôle principal, ce "Sister Act" version "musical" comme disent les Américains a déjà été un succès à Broadway où il poursuit sa carrière, mais aussi à Hambourg ou à Londres où il a drainé plus d'un million de spectateurs et récolté quatre nominations aux Laurence Oliver Awards.

Si rien n'est plus difficile que faire "sonner" le français sur les rythmes à quatre temps du disco, "Sister Act" fait mieux que tirer son épingle du jeu. D'une part l'adaptation dans la langue de Molière s'est libérée d'une certaine raideur anglo-saxonne, quitte à parfois flirter avec le langage de la rue contemporain.

Ainsi, le public de la première de gala ne s'est-il guère offusqué mais a ri aux éclats en entendant que "ça fume du shit au couvent Notre-Dame des Anges" ou quand faisant l'appel, la Mère supérieure (Carmen Ferlan)a appelé parmi ses ouailles une certaine "Soeur Marie Ségolène du Poitou".

Dans la même veine, arrivant un 24 décembre au couvent catholique où elle doit se réfugier parce que témoin involontaire d'un crime dans les bas-fonds, la chanteuse Dolorès Van Cartier (interprétée par la Canadienne d'origine haïtienne Kania) s'exclame: "Mais c'est Noël ma mère !", déçue par la frugalité du repas proposé pour le réveillon. Plus tard devant les difficultés financières du couvent, Monseigneur O'Hara (Christian Bujeau), qui veille sur le couvent, se désolera que "Dieu soit loué, mais il semble qu'il soit aussi à vendre".

Evoquant le Paradis et ses saints, il sera question de "Saint-Paul et son marais" ou "Saint-Denis et ses cités". Plus tard, ce sont "deux antiquaires "d'une autre communauté", dont un certain "George(s) Michael", qui proposent de renflouer l'établissement au bord de la faillite, peu avant que Dolorès, devenue Soeur Marie-Clarence, ne prenne les choses en main...

Si entre les titres disco, gospel et soul, tous composés par Alan Menken, la mise en scène de Carline Brouwer souffre un peu dans quelques scènes de comédie, cela tient surtout à l'infantilisation étudiée des personnages tel Eddie "la sueur" (Thierry Picaut), le bon policier noir secrètement amoureux de Dolorès depuis le lycée mais ayant sous le coup des émotions du mal à contrôler ses glandes sudoripares. Une façon de "marquer" les personnages principaux qui était monnaie courante aux Etats-Unis dans les années 70, époque à laquelle est censée se dérouler l'action. Moins surannées sans doute, les scènes de courses poursuites dans les travées du couvent, dignes des dessins animés hollywoodiens à la Hanna-Barbera, devraient ravir le jeune public.

Quant à l'apparition de dos de feu le Pape Paul VI bénissant la scène alors que la statue de la Vierge Marie est transformée en une immense boule à facettes disco, nul n'y a vu matière à blasphème. Bien au contraire, le final a été ovationné debout pendant plusieurs minutes. Autant dire l'Eternité...

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