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Le gouvernement Obama publie une liste de détenus "libérables" de Guantanamo

21/09/2012 04:58 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

L'administration américaine a publié vendredi une liste de 55 détenus de Guantanamo dont le transfèrement a été approuvé, sur les 167 prisonniers encore enfermés dans la prison controversée dont Barack Obama avait promis la fermeture, selon le ministère de la Justice.

Dans cette liste, remise à l'AFP, figure notamment le nom du dernier Britannique retenu à Guantanamo, à Cuba, Shaker Aamer, que Londres avait réclamé à Washington en 2010, ainsi que les cinq Tunisiens encore détenus dans la prison américaine, deux Algériens et un Marocain.

"Les circonstances qui rendaient impérative la protection de cette information ont changé", a déclaré un porte-parole du ministère de la Justice. "Les Etats-Unis cherchaient à l'origine à protéger cette information afin de conserver une souplesse dans leurs négociations diplomatiques avec les gouvernements étrangers sur de potentiels transferts de détenus, en particulier dans le tiers-monde, plutôt que dans les pays d'origine des prisonniers", a-t-il ajouté.

En 2010, 126 (BIEN: 126) détenus de Guantanamo avaient reçu une "approbation pour transfert" de l'autorité militaire dont 89 étaient toujours incarcérés début 2012, mais leurs noms n'avaient pas été rendus publics pour ne pas compromettre les négociations diplomatiques visant à les réinsérer de manière "sûre et responsable".

Mais dans un document déposé vendredi devant un tribunal de Washington, le gouvernement argue que les noms de ces détenus ne nécessitent "plus de protection judiciaire".

Il souligne en outre que depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, 28 prisonniers ont été rendus à leur pays et 40 autres ont été transférés vers d'autres pays hôtes, selon ce document judiciaire dont l'AFP a obtenu une copie.

En outre, l'envoyé spécial américain chargé de la fermeture de Guantanamo, Daniel Fried justifiait, dans une lettre de 2009, pourquoi ces noms devaient rester "une information protégée au nom de "la sécurité nationale et des intérêts de politique étrangère de Guantanamo". Il estimait qu'"une publication prématurée" donnerait une "possibilité au pays d'origine de saper les efforts de réintégration", en citant la Chine qui avait fait pression sur d'autres pays pour refuser d'accueillir les Ouïghours incarcérés à Guantanamo.

Les organisations de défense des droits de l'homme se sont immédiatement félicitées de la publication de cette liste. L'Union américaine de défense des libertés (ACLU) a parlé d'une "victoire partielle pour la transparence (qui) doit inciter à l'action".

"Ces hommes ont maintenant passé trois ans en prison depuis que notre armée et les agences du renseignement ont admis qu'ils devaient être libérés", a précisé Zachary Katznelson, avocat de l'ACLU.

Il relève que le nom du Yéménite Adnan Latif, récemment retrouvé mort dans une cellule de Guantanamo, ne figure pas sur la liste publiée vendredi, à laquelle il appartenait pourtant. "Il est bien temps de libérer et de réintégrer ces hommes injustement emprisonnés", a-t-il noté.

"Ces 55 détenus doivent immédiatement être transférés hors de Guantanamo dans des pays qui respecteront leurs droits", a de son côté déclaré Suzanne Nossel, directrice d'Amnesty International USA.

Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR) s'est félicité de "la publication de cette importante information qui finalement démantèle le mythe selon lequel les détenus encore piégés à Guantanamo sont trop dangereux pour être libérés". Il relève toutefois que "la liste est incomplète".

chv/bdx

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