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La plus ancienne diversification génétique humaine remonte à 100.000 ans

21/09/2012 02:43 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

La plus ancienne diversification génétique dans l'histoire de l'humanité remonte à environ 100.000 ans, bien avant que les ancêtres de l'homme moderne n'émigrent d'Afrique, selon une étude qui donne un nouvel éclairage sur les origines potentielles de l'homme moderne.

Cette recherche, parue dans la revue américaine Science du 21 septembre, a été menée avec 220 membres de groupes autochtones sud-africains, les Khoe et les San.

Elle a permis d'analyser 2,3 millions de variations génétiques par personne, un nombre sans précédent.

Cette analyse génétique indiquerait notamment que le berceau de l'homme moderne ne se concentrerait pas seulement en Afrique de l'Est, comme le laissent penser "les archives archéologiques", mais aurait des origines plus diverses sur le continent africain, ont expliqué ces chercheurs.

"En s'appuyant sur ces données génétiques et d'autres statistiques nous ne trouvons pas d'images cohérentes" pointant sur l'est de l'Afrique, a expliqué lors d'une conférence de presse Carina Schlebush, de l'Université Uppsala en Suède, un des principaux auteurs de cette recherche.

"En fait ce sont différentes parties de l'Afrique qui sont apparues pour avoir été potentiellement l'origine de l'homme anatomiquement moderne", a-t-elle dit.

Selon le professeur Mattias Jakobsson, de l'Université Uppsala ces profondes divergences génétiques parmi les peuples africains révèlent la complexité de leur histoire et laissent penser que "les populations humaines sont structurées depuis très longtemps... et que l'homme moderne pourrait être issu d'un groupe non-homogène".

Cette analyse génétique a aussi révélé que les populations San originaires de Namibie et d'Angola se sont séparées des peuplades Khoe et San vivant en Afrique du sud il y a 25.000 à 40.000 ans.

"Il existe une diversité ethnique étonnante parmi les peuples Khoe-San et nous avons pu révéler de nombreux aspects de leur histoire très riche qui a produit cette grande diversité génétique", a relevé Carina Schlebusch.

L'étude révèle également des indices d'adapation locale dans différents groupes Khoe et San.

Les chercheurs ont notamment découvert des indications de l'oeuvre de la sélection naturelle dans des gènes jouant un rôle dans la fonction musculaire, la réponse du système immunitaire et la protection de la peau contre les rayons ultraviolets chez les Khoe et San d'Afrique du sud.

"Bien que tous les humains modernes aient des variations génétiques similaires, la profonde divergence qui s'est produite il y a 100.000 ans entre les Khoe-San et les autres groupes de populations nous a permis de détecter les gènes qui ont évolué rapidement chez les ancêtres de toutes les personnes vivant aujourd'hui sur la planète", note Pontus Skoglund, de l'Université Uppsala et un des co-auteurs.

Parmi ces gènes, il y a notamment ceux impliqués dans le développement du squelette qui auraient pu jouer un rôle déterminant pour les caractéristiques anatomiques des humains modernes, a-t-il relevé.

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