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Des milliers de manifestants dans l'Est libyen contre les milices

21/09/2012 03:26 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

Des milliers de Libyens ont manifesté vendredi à Benghazi (est) contre les milices armées, dix jours après l'attaque du consulat américain, éclipsant un rassemblement de salafistes qui protestaient contre un film et des caricatures jugés offensantes pour l'islam.

"Non aux groupes armés", "oui à l'armée en Libye", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants qui s'étaient réunis devant l'hôtel Tibesti avant de marcher sur la place d'Al-Kich, agitant le drapeau national rouge, noir et vert.

D'autres pancartes rendaient hommage à l'ambassadeur américain Chris Stevens tué, avec trois autres Américains, dans une attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi le 11 Septembre: "la Libye a perdu un ami", "nous voulons la justice pour Stevens".

La manifestation avait pour objectif de dénoncer l'extrémisme et la violence et exiger le remplacement des milices par une armée et une police, qui n'ont pas encore été remises sur pied depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

Les organisateurs ont réclamé par ailleurs le retrait de tous les groupes armés des bâtiments et établissements publics.

Dans la foulée de la manifestation, des habitants de l'avenue Jamal Abdennasser ont délogé pacifiquement une milice connue par le nom de la "Brigade des martyrs d'Abou Slim" qui occupait un bâtiment de la sécurité libyenne.

Des éléments de l'armée et de la police régulière sont arrivés par la suite pour prendre possession des lieux, selon un journaliste de l'AFP.

Une manifestation organisée en même temps sur la place d'Al-Kich par le groupe jihadiste Ansar Al-Charia a rassemblé quelques centaines de personnes.

"Il n'y a de dieu que Dieu" et "Obama est l'ennemi de Dieu", ont-il scandé, agitant des étendards noirs et blancs sur lesquels était écrite la la profession de foi musulmane.

Ce groupe d'extrémistes, qui occupent une des principales casernes de Benghazi, avait démenti toute implication dans l'attaque du consulat de Benghazi après avoir été pointé du doigt par la population.

Ils manifestaient eux contre la diffusion sur internet d'un film islamophobe produit aux Etats-Unis et la parution de caricatures de Mahomet dans l'hebdomadaire français Charlie Hebdo.

"Si la défense de notre prophète équivaut à du terrorisme, alors nous sommes des terroristes", pouvait-on lire sur une de leurs pancartes.

Malgré des échanges verbaux et quelques provocations émanant des deux camps, aucun incident n'a été signalé entre les deux manifestations.

L'attaque contre le consulat américain le 11 septembre, déclenchée lors d'une manifestation contre le film anti-islam, a illustré l'incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye.

Benghazi, d'où était partie en 2011 la contestation contre le régime de Mouammar Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.

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