NOUVELLES

Combats acharnés à Alep, nouvelle mobilisation anti-régime prévue en Syrie

21/09/2012 04:39 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

L'armée, appuyée par des chars et des hélicoptères, livrait combat vendredi aux rebelles près de ses bases dans la ville stratégique d'Alep en Syrie où une nouvelle mobilisation contre le régime était placée sous le slogan "les bien-aimés du prophète sont massacrés".

Malgré les violences qui ont fait encore jeudi 225 morts selon une ONG, les manifestations pour réclamer une énième fois le départ de Bachar al-Assad étaient prévues à la sortie des mosquées après la prière hebdomadaire de midi, comme tous les vendredis depuis le début du conflit il y a 18 mois.

Les militants anti-régime ont placé cette journée sous le slogan "les bien-aimés du prophète en Syrie sont massacrés". Cette allusion au prophète Mahomet n'est pas fortuite, le monde musulman étant secoué par des manifestations contre un film dénigrant l'islam et des caricatures du prophète.

Alors que deux mois de combats acharnés n'ont pas réussi à sceller le sort d'Alep, les rebelles et les troupes du régime continuaient de se livrer bataille pour le contrôle de cette grande métropole du Nord.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats avaient lieu autour de la caserne de Hanano, les hélicoptères de l'armée mitraillant le secteur. Des heurts se déroulaient aussi dans de nombreux autres quartiers d'Alep, accompagnés d'intenses bombardements à l'artillerie lourde.

Dans le marché autrefois bondé de la Vieille ville, les magasins avaient tous leurs rideaux baissés alors que des rebelles étaient positionnés aux carrefours dans l'entremêlement de ruelles survolées par des hélicoptères, a constaté l'AFP.

Près de la ville d'Alep, des combats se déroulaient dans le secteur de l'aéroport militaire de Managh, a ajouté l'ONG qui fait état de la mort de plus de 50 personnes la veille dans les violences dans la province du même nom.

A Damas, une puissante explosion qui serait due à une voiture piégée a été entendue à Doumar al-Balad, suivie de tirs nourris, a ajouté l'OSDH sans faire état de victimes. Des quartiers du sud de Damas ont été déclarés "sinistrés" par l'opposition après deux mois de violents combats.

Dans la province de Homs (centre), dévastée par les violences, un civil a été tué dans les bombardements de la ville de Rastane, alors que dans l'est du pays, un quartier de Deir Ezzor était pilonné par les troupes.

Dans le Sud, la province de Deraa, où est née le 15 mars 2011 le mouvement de contestation pacifique avant de se militariser face à la répression menée par le régime, a connu de nouvelles violences avec le pilonnage de la localité de Daël, a indiqué l'OSDH.

En outre, trois membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), un groupe de l'opposition basé en Syrie, ont été enlevés jeudi en quittant l'aéroport de Damas, selon ce groupe et l'OSDH. Il s'agit de Abdel Aziz Khayer, Iyas Ayache et Maher Tahhan.

L'ONG a affirmé que les autorités avaient "la responsabilité de préserver la vie" des trois opposants.

Jeudi a été une journée particulièrement meurtrière à travers la Syrie, les violences ayant fait 225 morts, dont 140 civils, 39 rebelles et 46 soldats, selon l'OSDH qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins.

Dans l'attaque la plus sanglante, au moins 30 personnes ont péri dans l'explosion d'une station-service provoquée par une frappe de l'armée de l'air dans la province de Raqa (nord), selon des militants. Le raid est survenu au lendemain de la prise par les rebelles de Tal al-Abyad, un poste-frontière entre la province de Raqa et la Turquie.

En 18 mois d'une révolte contre le président Bachar al-Assad qui a dégénéré en guerre civile, 29.000 personnes ont péri dont 20.755 civils, selon l'OSDH.

Aucune issue au conflit n'est en vue en raison de la détermination des belligérants et des divisions au sein de la communauté internationale.

Dans une interview à l'hebdomadaire égyptien Al-Ahram al-Arabi à paraître vendredi, M. Assad a répété que ses forces l'emporteraient face "aux terroristes" armés et aidés selon lui par Ryad, Doha et Ankara.

L'Arabie saoudite et le Qatar "ont vu soudain de l'argent entre leurs mains après une longue période de pauvreté et ils croient qu'avec, ils peuvent acheter l'Histoire et un rôle régional", a-t-il dénoncé, tout en accusant la Turquie de rêver à un "nouvel empire ottoman".

Face au danger, le Programme alimentaire mondial de l'ONU a demandé un meilleur accès aux régions les plus touchées, les besoins en nourriture, médicaments et abris augmentant en raison de l'escalade de la violence. L'objectif est d'aider 1,5 million de personnes ce mois-ci.

Le conflit a conduit quelque 250.000 personnes à fuir la Syrie et à trouver refuge dans les pays voisins -Turquie, Liban, Jordanie, Irak-, tandis que deux millions ont été déplacées à l'intérieur du pays, selon l'ONU.

burs-tp/cco

PLUS:afp