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A Alep, comme tous les vendredis, les Syriens défilent contre leur président

21/09/2012 11:09 EDT | Actualisé 21/11/2012 05:12 EST

"Nous manifestons et nous manifesterons jusqu'à ce que Bachar tombe": malgré la répression Mohamed reste déterminé et, comme tous les vendredis depuis un an et demi, il est descendu dans la rue pour réclamer la chute du régime du président syrien Bachar al-Assad.

La prière musulmane hebdomadaire vient tout juste de se terminer à la mosquée Nour al-Chouhada dans le quartier d'al-Chaar à Alep. Les fidèles se relèvent et commencent à sortir des drapeaux de la révolution, avant de lancer dans la cour de la mosquée les premiers slogans.

Aux cris de "Assad est l'ennemi de Dieu", le cortège d'environ 80 hommes, en majorité des jeunes, s'ébranle dans le calme, sous l'oeil d'insurgés armés de kalachnikovs qui assurent la protection des manifestants.

Tous tapent des mains et reprennent en choeur des slogans hostiles au régime syrien en proie depuis un an et demi à une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression.

A Alep, la métropole commerçante du nord restée un temps à l'écart du mouvement de contestation, les rebelles mènent désormais une guérilla dans de nombreux quartiers, notamment dans l'est et le sud de la ville.

"Nous avons manifesté pacifiquement et le régime nous a répondu avec des balles et des bombes", explique Mohamed. "Il nous a obligé à porter les armes", poursuit-il.

Des deux côtés de la rue, les façades béantes portent les stigmates des combats et des bombardements.

La plupart des boutiques ont baissé leur rideau de fer et dans les étages, de nombreux appartement sont vides, leurs habitants ayant fui vers les villages des environs ou la Turquie voisine.

Un peu plus loin, Hassan, manifeste lui aussi car il n'en peut plus des combats et des bombardements de l'armée régulière qui ont fait depuis mars 2011 plus de 29.000 morts, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Ce matin encore, j'ai vu un enfant de trois ans. Sa tête était réduite en miettes. En miettes!", lance-t-il, les larmes aux yeux.

"Les Arabes n'ont rien fait pour nous aider. Ils voient pourtant l'injustice qui nous est faite!", martèle-t-il d'une voix forte.

Sur le parcours, un pick-up fend soudain la foule. A son bord, des rebelles qui déposent l'un des leurs, tué dans des combats contre les forces régulières.

"Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, ô martyr!", entonne aussitôt la foule.

Si au début de la révolte, les slogans célébraient la révolution "pacifique", aujourd'hui ils invoquent Dieu, lui réclamant de protéger les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

Arrivé au bout de la rue, le cortège repart dans l'autre sens. Une fois revenus à la mosquée, les hommes s'éparpillent rapidement car si le quartier est tenu par les insurgés, l'armée régulière contrôle seule les cieux syriens.

Sous les pieds des manifestants, deux énormes cratères creusés par des bombes lâchées par des avions il y a deux jours sont là pour le leur rappeler.

bur/sbh/sw

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