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USA: les résultats du recensement suggèrent un redémarrage de l'économie

20/09/2012 10:01 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - L'économie américaine donne enfin des signes de stabilisation: les jeunes adultes sont plus nombreux à quitter le nid familial pour l'université ou le marché du travail, la pauvreté ralentit et la natalité a enregistré son plus faible déclin depuis 2008, avant la récession, selon de nouveaux résultats du recensement de 2011 publiés jeudi.

Ces statistiques, couplées à d'autres remontant à mars dernier, donnent espoir dans une reprise économique qui a techniquement commencé à la mi-2009 mais qui n'a vu le chômage reculer que modestement en un an, de 9,6 pour cent de la population active à 8,9 pour cent.

Le taux de demandeurs d'emplois s'élevait encore à 8,1 pour cent en août et le taux de propriétaires à 64,6 pour cent, affichant après une cinquième année consécutive de diminution son niveau le plus bas depuis plus de dix ans, sous l'effet d'un financement plus strict et d'une augmentation des locations. Les Américains n'ont jamais été aussi nombreux à dépendre des bons d'alimentation (14,9 millions de personnes, soit 13 pour cent des foyers ou une famille sur huit) et la «surpopulation» touche toujours 1 pour cent des logements, proche de son record de 2003.

Dans l'ensemble, cependant, les analystes estiment que les dernières données du recensement fournissent de nombreuses preuves de la stabilisation de l'économie des États-Unis. Cinq ans après l'éclatement de la bulle immobilière, ce serait la fin du déclin le plus long et le plus pernicieux depuis la Deuxième Guerre mondiale.

«Nous pourrions bien assister au début du redressement de la famille américaine après la Grande récession», juge Andrew Cherlin, professeur de sociologie et de politique publique à l'université Johns Hopkins. Il en veut pour preuve la mobilité retrouvée et le départ des jeunes de chez leurs parents (13,6 pour cent des 25-34 ans vivent chez leurs parents contre 14,2 pour cent en 2010), «peut-être dus aux modestes créations d'emplois ou simplement au fait qu'ils croient que le pire est derrière eux».

Pour Richard Freeman, économiste à l'université d'Harvard, les statistiques suggèrent une «fragile reprise» mais l'économie peut encore replonger dans la récession, selon notamment le président qui sera élu le 6 novembre et si le Congrès évite de réduire drastiquement les dépenses et d'augmenter les impôts en janvier. «Étant donné la situation de l'économie mondiale, nous nous en sortons mieux que bien d'autres pays (mais) la politique du gouvernement reste déterminante».

Le recensement montre également un ralentissement de la croissance de la population d'origine étrangère, qui représente 40,4 des 314,4 millions d'Américains, soit 13 pour cent. On estime les immigrés clandestins à quelque onze millions. La plupart des nouveaux arrivants sont des travailleurs hautement qualifiés de pays asiatiques comme la Chine et l'Inde.

Quant aux revenus, les inégalités varient beaucoup d'une région à l'autre. Le fossé entre riches et pauvres est le plus flagrant dans le District of Columbia, dans l'État de New York, dans le Connecticut, en Louisiane et au Nouveau-Mexique, où les immigrés et minorités sont plus nombreux.

Par ailleurs, le mariage tombe à son plus bas à 50,8 pour cent des plus de 18 ans contre 57 pour cent en 2000, mais l'on a enregistré 4,1 millions de naissances en 2011, soit 55 000 de moins que l'année précédente, ce qui représente le déclin le plus faible depuis 2008, note Kenneth Johnson, professeur de sociologie et démographe à l'université du New Hampshire.

Le Bureau du recensement estime que les programmes fédéraux ont beaucoup atténué la pauvreté: si le taux de pauvreté officiel se maintient à un taux record de 15 pour cent en 2011 (46,2 millions de personnes), il est ramené à 13,7 pour cent en tenant compte d'aides non financières comme les bons alimentaires. Et, si ce n'étaient des allocations chômage qui ont commencé à expirer en 2001, environ 2,3 millions de personnes supplémentaires seraient tombées dans la pauvreté. Dix-sept États — au premier rang desquels trônent la Louisiane, l'Oregon, l'Arizona, la Géorgie et Hawaï — enregistrent néanmoins une progression significative de la pauvreté.

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