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Une ONG accuse la police d'avoir "torturé à mort" un Egyptien

20/09/2012 03:54 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Une organisation égyptienne de défense des droits de l'Homme a accusé jeudi la police d'avoir "torturé à mort" un citoyen et d'en avoir tué un autre de "sang-froid" dans une province au nord du Caire, parlant d'un "développement extrêmement dangereux".

Dans un communiqué, l'Egyptian Initiative for Personal Rights, l'une des principales ONG du pays, a affirmé que "plusieurs officiers du commissariat du village de Mit Ghamr dans la province de Daqahliyah" étaient responsables de ces actes survenus dimanche.

Elle a dit s'appuyer sur une enquête faite sur les lieux par ses membres qui "ont recueilli des preuves dont des certificats médicaux, des photos et des vidéos".

L'affaire, selon l'ONG, a commencé par une descente de police le 16 septembre au soir contre des cafés de la localité. Les policiers ont frappé et insulté les personnes présentes et cassé des meubles. Les habitants ont alors protesté en se rassemblant devant le commissariat.

L'un des protestataires, Atef al-Menassi, un client d'un des cafés, s'est rendu au commissariat pour rédiger un procès-verbal. "Il a alors été pris à partie par les officiers et policiers, qui l'ont roué de coups avec des crosses de fusils puis l'ont torturé".

Un autre manifestant, Moustafa Mohammed Moustafa, 30 ans, qui accompagnait M. Menassi, a subi le même sort. Peu après, "les deux hommes ont été remis en liberté mais Atef était inconscient" et il est décédé sur la route de l'hôpital, a poursuivi l'ONG.

Après ce décès, des affrontements ont éclaté à coups de pierres entre habitants et policiers. Mais des officiers armés de fusils et de mitrailleuses sont ensuite sortis du commissariat et ont commencé à tirer, d'abord en l'air puis en visant les manifestants, tuant "de sang-froid" l'un d'eux, Adel Mohammed Abdellatif, 24 ans, et blessant grièvement un autre à la tête.

"Cet incident n'est pas isolé" et montre que la police "agit plutôt comme un gang armé (...). Les tortures et les meurtres augmentent de jour en jour", a dénoncé un responsable de l'organisation, Karim Annara, appelant les autorités à intervenir pour mettre un terme à ces "développements extrêmement dangereux".

mon/tp/fc

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