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Un citoyen journaliste tué par l'armée syrienne dans le centre du pays

20/09/2012 10:38 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Un citoyen journaliste qui diffusait des images depuis la ville de Hama, dans le centre de la Syrie, sous le nom de Abou Hassan, est mort brûlé lors d'une attaque des forces gouvernementales contre sa maison, a indiqué jeudi un militant à l'AFP.

Un assaut de l'armée syrienne sur Hama a fait 16 morts mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"L'armée a pilonné le quartier d'Arbaeen et mis le feu à une maison", a déclaré l'organisation, basée en Grande-Bretagne.

La maison appartenait à Abou Hassan, âgé de 27 ans, et dont le vrai nom était Abdel Karim al-Oqda, selon un autre citoyen journaliste, Abou Ghazi.

Quatre corps calcinés sont visibles sur des images vidéo mises en ligne par des militants.

"Abou Hassan était chez lui avec trois amis. Ils savaient très bien qui il était. Toute la ville de Hama connaissait les images qu'il avait tournées sur la révolution", a indiqué Abou Ghazi.

"C'était une des personnes les plus courageuses que je n'ai jamais rencontrées. Il a sacrifié sa vie pour montrer au monde ce qui se passe en Syrie", a-t-il ajouté.

Dans une de ces vidéos, Abou Hassan explique pourquoi il a abandonné son métier de maçon pour commencer à filmer. "Je veux exposer les crimes du régime (...) je filmerai jusqu'à mon dernier souffle", dit-il.

De nombreux citoyens journalistes et journalistes professionnels sont morts ou ont été enlevés depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011.

Selon un bilan de Reporters Sans Frontières (RSF), établi avant la mort de Abou Hassan, dix journalistes professionnels et 21 citoyens journalistes ont été tués en Syrie.

L'organisation a dénoncé jeudi l'absence de nouvelles de deux journalistes travaillant pour la télévision Al-Hurra, disparus à Alep (nord) il y a un mois.

RSF appelle le régime du président syrien Bachar al-Assad et les forces rebelles "à comprendre que faire disparaître des journalistes pour cacher ce qui se passe ne sert à rien".

En raison des restrictions imposées aux journalistes professionnels par les autorités syriennes, de nombreux médias utilisent les informations fournies par des journalistes citoyens et des militants pour suivre l'évolution de la situation sur le terrain.

ser/hc/dms/sw

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