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Tunisie/violences anti-américaines: Essebsi accuse le gouvernement

20/09/2012 09:09 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Le chef d'un parti d'opposition et ancien Premier ministre tunisien, Béji Caïd Essebsi, a accusé jeudi le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda de "tolérance" envers des salafistes prônant la violence, affirmant qu'il conduisait la Tunisie vers "l'abîme".

Les violences anti-américaines que la Tunisie a connues sont "le résultat de la politique de tolérance envers des groupes prônant la violence", a déclaré le chef de Nidaa Tounès (L'Appel de la Tunisie) lors d'une conférence de presse, évoquant des "dangers et dérives difficilement réversibles".

"Si ce gouvernement devait poursuivre cette politique, il nous conduira vers l'abîme", a-t-il prévenu.

"Ce gouvernement a échoué et n'est plus en mesure de diriger le pays, c'en est fini de la troïka", a renchéri l'ancien Premier ministre, en référence à la coalition formée par Ennahda et deux partis de centre gauche, Ettakatol du président de l'Assemblée Constituante et le Congrès pour la république (CPR) du président Moncef Marzouki.

Le 14 septembre, quatre personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées lors de de violents affrontements entre la police et des manifestants --issus pour la plupart de la mouvance salafiste-- qui ont attaqué l'ambassade américaine pour protester contre un film islamophobe réalisé aux Etats-unis.

Selon M. Essebsi la diffusion du film "Innocence of muslims" visait à "discréditer" le président Barak Obama en pleine campagne électorale.

L'attaque de l'ambassade américaine à Tunis a écorné l'image de la Tunisie et aura des conséquences négatives pour le tourisme et l'investissement, a-t-il déploré, indiquant que le pays avait été privé d'un financement de 20 milliards de dollars promis par le G8 à cause de l'insécurité, selon lui.

Il a affirmé que le parti Ennahda à l'idéologie parente, selon lui, des salafistes cherchait à "bouleverser le modèle social" des Tunisiens "qui sont le peuple arabe le plus ouvert sur l'Occident".

Ecartant toute participation de son parti dans un gouvernement élargi, il a affirmé que le 23 octobre prochain marquerait "la fin de la légitimité" du gouvernement issu des élections d'octobre 2011 et qui est en poste pour un an théoriquement.

Béji Caïd Essebsi, 85 ans, a dirigé le deuxième gouvernement de transition après la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. Fondé en juillet, son parti se réclame des valeurs modernistes du Destour, ancêtre du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD dissous de Ben Ali).

kl-Bsh/sw

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