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Tunisie/caricatures: le ministère du Culte dénonce une provocation

20/09/2012 02:49 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Le ministère tunisien du Culte a appelé jeudi les Tunisiens à éviter de tomber dans le piège d'une "provocation délibérée" que constitue, selon lui, la publication de caricatures du prophète Mahomet par un hebdomadaire satirique français.

Le ministère, dirigé par un ancien imam membre du parti islamiste Ennahda, a dans le même temps mis en garde contre l'existence d'une "poignée" d'extrémistes qui cherchent à semer le chaos en Tunisie, condamnant pour la première fois publiquement les courants salafistes jihadistes.

Les caricatures "sont une provocation délibérée destinée à offenser le sentiment religieux des musulmans dans le but de semer le trouble dans les pays du +Printemps arabe+", a estimé le ministère dans un communiqué.

Condamnant "énergiquement" les dessins, le ministère a appelé les Tunisiens "à éviter le piège des provocations" et "à réagir de manière rationnelle et pacifique".

Parallèlement, le ministère a mis les Tunisiens en garde contre l'existence d'"une poignée d'extrémistes incitant à la sédition et au chaos".

"Une poignée parmi ceux qui ont imposé leur contrôle sur certaines mosquées tiennent un discours extrême, incitent à la haine et au chaos, prônent la violence et appellent à la désobéissance civile", a-t-il dénoncé.

"Leurs discours sont contraires à la loi et au Coran et procèdent de l'ignorance et du fanatisme", a ajouté le ministère, assurant que ces extrémistes avaient été identifiées et qu'il seraient présentées à la justice.

Auparavant, le ministère de l'Intérieur avait annoncé une interdiction de toute manifestation vendredi, indiquant disposer d'informations sur des risques "de violences" en cas de manifestation contre les caricatures de Mahomet publiées en France.

Le 14 septembre, des militants islamistes avaient saccagé l'ambassade des Etats-Unis et l'école américaine de Tunis après la diffusion sur internet d'un film islamophobe réalisé aux Etats-Unis. Ces violences avaient fait quatre morts et des dizaines de blessés.

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