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États-Unis: un leader amish est reconnu coupable de crimes haineux

20/09/2012 02:46 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

CLEVELAND - Le leader d'un groupe sécessioniste amish a été reconnu coupable jeudi de crimes haineux, en lien avec des attaques perpétrées contre des membres de sa foi avec qui il avait un différend religieux.

Un jury fédéral américain a formellement reconnu Samuel Mullet père coupable d'avoir orchestré, l'automne dernier, des attaques pendant lesquelles les cheveux et les barbes d'hommes et de femmes ont été coupés. Ces agressions avait terrorisé une communauté normalement paisible de l'est de l'Ohio.

Mullet et quatre de ses enfants comptaient parmi les 16 personnes qui, selon les procureurs du gouvernement, ont planifié et exécuté cinq attaques différentes qui ont constitué des crimes haineux, puisqu'elles étaient motivées par des disputes religieuses. Les procureurs affirment que les cheveux et la barbe des victimes ont été ciblés en raison de leur importance spirituelle.

Tous les accusés font partie de la communauté créée par Mullet dans un coin reculé de la Virgine occidentale.

Mullet n'était pas accusé d'avoir participé aux agressions. Les procureurs affirment toutefois qu'il les a orchestrées en plus d'inciter ses fils et d'autres à les commettre. Il aurait aussi nargué les victimes lors d'appels placés depuis la prison et il aurait reçu un sac de papier contenant les cheveux d'une victime.

Un évêque amish a déclaré au tribunal que sa barbe, qui lui tombait jusqu'à la poitrine, a été réduite à seulement quelques centimètres par quatre ou cinq hommes qui l'ont attaqué chez lui en pleine nuit.

Les procureurs avaient expliqué au jury que Mullet s'estimait au-dessus des lois et qu'il croyait avoir le droit de discipliner ceux qui s'opposaient à lui.

Mullet pourrait écoper d'une peine de 10 ans de prison. Toutes les victimes, selon les procureurs, s'opposaient aux pratiques religieuses de Mullet et à son règne autoritaire.

Des témoins ont affirmé que Mullet exercait un contrôle total sur la communauté qu'il a fondée il y a 20 ans, en plus de décrire comment ses enseignements religieux et ses méthodes disciplinaires déviaient de la tradition amishe.

Une femme a notamment décrit comment Mullet offrait des «thérapies» sexuelles à des femmes mariées, pendant que d'autres ont affirmé qu'il forçait des hommes à dormir dans un poulailler en guise de châtiment.

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