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Sheila célèbre ses «cinq fois dix années» de carrière à l'Olympia

20/09/2012 12:40 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

PARIS - Pour Sheila, l'heure de la sortie n'a manifestement pas encore sonné. L'ancienne idole yé-yé célèbre en fanfare de vendredi à dimanche son jubilé de carrière sur la scène de l'Olympia à Paris.

Pour ce retour sous les projecteurs qu'elle promet décoiffant, Sheila est attendue par une base de fans indéfectible. L'occasion pour l'artiste ayant vendu plus de 80 millions de disques dans le monde de revenir sur 50 ans d'une carrière aussi riche que contrastée.

Coiffée d'une paire de couettes au milieu des années 60, star au firmament de la variété française dans les années 70, reine du disco faisant frémir les hit-parades internationaux jusqu'au États-Unis ou chanteuse des éternels retours, la place occupée par Sheila dans le cénacle des artistes pouvant inscrire un jubilé à leur CV est à part.

Une place âprement entretenue par une large base de fans — dont de nombreux trentenaires ayant adhéré sur le tard —, et nourrie d'une relation fusionnelle dont l'artiste a très tôt pris conscience, comme elle l'a confié dans un entretien à l'agence Sipa.

«La relation que j'entretiens avec mes fans va bien au-delà de ce qui existe habituellement entre un artiste et son public dans le sens où le lien ne s'est pas construit autour des chansons et de leur succès, mais autour d'un lien de personne à personne, comme au sein d'une famille», explique Sheila.

Un lien qui s'est renforcé avec le temps et que l'artiste dit avoir protégé, même dans les périodes d'ombre qui ont émaillé sa longue carrière. Du coup, quand elle a fait ses premiers adieux en 1989 pour s'adonner à d'autres formes de création comme l'écriture ou la peinture, les fans, eux, ont fait le pied de grue.

«Ma boîte aux lettres débordait de courriers, de photos et de messages éplorés», se souvient-elle. «Je trouvais des 'Sheila, reviens!' peints en grand sur les murs de ma maison à la campagne».

Alors, elle est revenue dans la lumière et aujourd'hui, ces mêmes fans l'attendent avec une ferveur en acier trempé.

Sauf que Sheila est fâchée avec certains chiffres. «Je préfère évoquer mes 'cinq dizaines d'années' de carrière qu'un cinquantenaire», corrige-t-elle pour parler des concerts qu'elle va donner à l'Olympia, en prélude à un nouvel album, prévu en fin d'année (Warner), et dont le premier extrait, «Pour sauver l'amour», est attendu le 25 septembre sur les plates-formes de téléchargement légales.

Le spectacle du jubilé, baptisé «Ce soir, c'est un anniversaire» a droit à une chanson piano/voix écrite pour l'occasion: «J'avais envie de vous revoir», un morceau qui prend tout son sens à l'aune de la relation qu'entretient l'artiste avec son public. «Je suis libérée pour toujours/des mauvais coups, des mauvais jours/mais grâce à vous je suis sincère/j'ai effacé tous les hivers», chante-t-elle sur ce titre écrit par son mari Yves Martin. Des paroles qui prennent une tonalité particulière, alors que l'artiste traverse une passe délicate avec son fils Ludovic, né de son union avec le chanteur Ringo.

Marquée de succès retentissants et ponctuée d'une kyrielle de disques d'or et de platine qui font d'elle l'une des artistes françaises ayant écoulé le plus de disques dans le monde, la carrière de Sheila a beau avoir connu des éclipses et sa vie personnelle tirée à hue et à dia, cela ne l'a nullement empêchée d'avoir brillé jusqu'à la 5e place des «charts» américains en 1980 avec le tube «Spacer» produit par Nile Rodgers du groupe Chic.

«Une rencontre magique, d'autant que j'étais la première artiste qu'il ait produite», se souvient Sheila. Le succès planétaire qui s'ensuivit ouvrit au producteur américain d'autres collaborations fructueuses, notamment avec Diana Ross («Upside Down»), David Bowie («Let's Dance») ou Madonna («Like A Virgin»).

Un succès outre-Atlantique émaillé de souvenirs croustillants. «À New-York, dans un taxi, mon titre 'Singin' In The Rain' passait sur les ondes et moi je n'avais qu'une envie: ouvrir la fenêtre et hurler dans la rue: 'C'est moi qui chante à la radio!'», glisse-t-elle.

Plus tard, alors qu'elle écumait les plateaux de télévision américains avec ses danseurs (noirs) de B. Devotion, elle accusait le coup quand les équipes techniques s'étonnaient que la chanteuse de «Spacer», une certaine Sheila, fût blanche et par surcroît, française...

Pour ses trois concerts parisiens, Sheila dit avoir eu à choisir parmi quelque 600 titres que «tout le monde connaît et pas que des 'faces B'.»

«Je ne lèverai pas le voile: il y aura des surprises! D'ailleurs, j'ai hâte de voir la tête que fera le public au premier rang», car «ça va bouger et ça n'aura rien d'un récital», promet Sheila, qui sera accompagnée sur scène par huit musiciens et six danseurs.

À tout juste 67 ans, ce grand retour sur scène constitue un peu «sa rentrée des classes». Et ça tombe bien, car Sheila adore se «retrousser les manches».

Celle qui fut une «Petite fille, fille de français moyen» dans les années 60 se désole de la perte de la «valeur travail» qui domine aujourd'hui.

«On dirait qu'il n'y a plus de classes moyennes, de travailleurs et que les jeunes veulent soit devenir des stars en trois mois, soit voient tout à travers le prisme élitiste des Grandes écoles», analyse celle qui a «toujours admiré ceux qui gagnent leur vie à la force de leurs mains».

À l'image, concède-t-elle de son père, qui fut artisan boucher en proche banlieue parisienne.

L'artiste sera sur les planches de l'Olympia du vendredi 21 au dimanche 23 septembre.

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