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Une militaire des États-Unis qui vit au Canada sera déportée ce jeudi

20/09/2012 04:34 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST
Flickr: Tania Liu

OTTAWA - Une soldate américaine qui s'est réfugiée au Canada en 2007 pour éviter de combattre en Irak a été renvoyée aux États-Unis ce jeudi.

La Campagne d'appui aux résistants à la guerre a indiqué que Kimberly Rivera avait été immédiatement arrêtée, détenue et remise entre les mains de l'armée américaine après s'être présentée à la frontière.

Le groupe affirme désormais que Mme Rivera attend d'être transférée dans un autre bâtiment militaire où elle risque d'être sanctionnée pour s'être absentée de son unité.

L'organisation a également précisé que le mari de Mme Rivera et leurs quatre enfants, dont deux nés au Canada, ont traversé la frontière à un autre endroit pour éviter que ces derniers ne voient leur mère se faire menotter.

Le secrétaire parlementaire du ministre de l'Immigration Jason Kenney, Rick Dystra, a confirmé son départ plus tôt dans la journée.

Kimberly Rivera avait déjà déclaré qu'elle se plierait à la décision des autorités canadiennes et qu'elle quitterait le Canada avec son mari et leurs quatre enfants, mais ses partisans espéraient une intervention de dernière minute.

Mme Rivera a dit craindre, le mois dernier, d'être séparée de ses enfants et d'être envoyée en prison à son retour aux États-Unis.

Ses partisans demandaient au ministre de l'Immigration, Jason Kenney, d'intervenir en sa faveur en stoppant les dernières procédures de son renvoi.

Cependant, le personnel politique du ministre Kenney a indiqué que le Canada ne croyait pas que les États-Unis allaient persécuter la demanderesse à son retour dans son pays.

Ken Marciniec, de la Campagne d'appui aux résistants à la guerre, affirme pourtant que s'il n'en tenait qu'aux Canadiens, les individus comme Mme Rivera pourraient demeurer au pays.

«Personne ne devrait être emprisonné en raison de son objection à la guerre, et ce peu importe où sur la planète, a-t-il déclaré. Il est important que la façon dont notre gouvernement traite les opposants à la guerre en Irak s'ajuste à l'opinion de la majorité des Canadiens sur cette question.»

Kimberly Rivera vivait au Canada depuis cinq ans avec sa famille; elle habitait Toronto.

Son avocate, Alyssa Manning, soutient que même si la majorité des déserteurs de l'armée américaine ne sont pas emprisonnés, le petit pourcentage de soldats qui n'y échappent pas sont ceux qui ont exprimé franchement leurs convictions.

L'avocate croit que le risque auquel est exposée Mme Rivera en tant qu'opposante publique à la guerre en Irak n'a pas été correctement pris en considération.

M. Marciniec s'inquiète particulièrement de l'impact sur les enfants de Mme Rivera.

«Pour ses trois plus vieux enfants, ils seront séparés de leur mère, et de la seule école qu'ils auront jamais connue», a-t-il dit.

Kimberly Rivera est arrivée au Canada pendant ses vacances mais elle a ensuite déposé une demande de statut de réfugié. Son avocate croit qu'à son retour en sol américain, elle risquera de deux à cinq ans d'emprisonnement.

Deux autres soldats opposés à la guerre en Irak ayant été déportés dans le passé, Robin Long et Clifford Cornell, ont écopé d'un an d'emprisonnement à leur retour.

Mme Rivera jouissait aussi de l'appui d'Amnistie internationale, du Congrès du travail du Canada, ainsi que du lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

Environ 19 000 personnes ont signé une pétition en ligne protestant contre sa déportation, et des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes du pays, mercredi, pour demander au gouvernement de la laisser demeurer au Canada.