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L'Egypte nie que l'aide américaine soit menacée après des manifestations

20/09/2012 09:31 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Mohammed Kamel Amr a nié jeudi que l'aide américaine à son pays ait été remise en cause après les manifestations contre l'ambassade des Etats-Unis au Caire.

Le quotidien The Washington avait affirmé que la lenteur des autorités égyptiennes à maîtriser les premières manifestations contre l'ambassade, le 11 septembre, avait mis un coup d'arrêt aux pourparlers sur une réduction d'un milliard de dollars de la dette de l'Egypte vis-à-vis de Washington.

Les Etats-Unis ont néanmoins assuré par la suite qu'ils négociaient toujours avec l'Egypte un allègement de sa dette.

M. Amr a nié qu'il y ait eu "des menaces au niveau officiel d'annuler les aides américaines à l'Egypte", dans des déclarations rapportées par l'agence officielle Mena. "Il n'y a pas de problèmes dans les relations" égypto-américaines, a-t-il ajouté.

"Mais nous savons tous qu'il y a eu des manifestations devant l'ambassade des Etats-Unis, qu'il n'y a pas eu de morts en Egypte et qu'elles ont été maîtrisées, ce qui était une bonne chose et a été apprécié par les Américains", a poursuivi le ministre.

Des milliers d'Egyptiens, en majorité des salafistes, avaient manifesté le 11 septembre devant l'ambassade américaine pour dénoncer le film amateur anti-islam "Innocence of Muslims", qui a provoqué une vague de protestations violentes dans le monde arabo-musulman. Certains manifestants avaient arraché le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamique.

"Il y a bien entendu des tentatives au sein du Congrès pour affecter les aides, mais la majorité se dirige vers leur maintien", a encore dit M. Amr, en affirmant que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton lui avait dit qu'elle ferait son possible à ce sujet.

L'Egypte reste le deuxième récipiendaire de l'aide extérieure américaine --derrière Israël-- avec 1,5 milliard de dollars par an, principalement destinée à l'armée.

M. Amr a par ailleurs indiqué que la visite du président égyptien Mohamed Morsi à New York dimanche était "une visite aux Nations unies pour assister aux réunions de l'Assemblée générale et pas une visite aux Etats-Unis", soulignant qu'une visite officielle à Washington serait préparée ultérieurement.

Une rencontre entre M. Morsi et son homologue américain Barack Obama n'est "pas prévue" à New York en raison des obligations de M. Obama, en pleine campagne électorale, a expliqué le ministre égyptien.

En juillet, quelques jours après l'investiture de M. Morsi, un responsable américain avait indiqué que M. Obama comptait rencontrer son homologue égyptien en septembre à New York.

M. Morsi rencontrera en revanche à l'ONU le président français François Hollande ainsi que le Premier ministre britannique David Cameron, selon M. Amr.

L'Egypte, en pleine crise économique, a demandé fin août un prêt de 4,8 milliards de dollars au Fonds monétaire international. Les négociations avec Washington sur un allègement d'un milliard de dollars de sa dette font suite à une promesse de M. Obama en mai 2011.

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