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La Libye rend hommage à l'ambassadeur américain tué à Benghazi

20/09/2012 11:21 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

La Libye a rendu hommage jeudi à l'ambassadeur Chris Stevens et aux trois autres Américains tués dans l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi (est), où les habitants se préparaient à manifester vendredi contre l'extrémisme et les milices armées.

A Tripoli, une cérémonie d'éloges funèbres a été organisée par les autorités en hommage aux quatre Américains et en présence du secrétaire d'Etat adjoint américain William Burns, des plus hauts responsables libyens et de représentants des missions diplomatiques et d'organisations internationales.

M. Burns a rendu hommage à un "formidable collègue et un formidable ambassadeur". "Il a cru en la Libye. Il a cru en vous", a-t-il dit, faisant état des "défis redoutables" auxquels la Libye était confrontée.

"Les derniers incidents vont stimuler la volonté des autorités concernées d'arrêter et de juger les responsables et de renforcer la sécurité des missions diplomatiques", a assuré le président de l'Assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef.

Chris Stevens et trois autres Américains ont été tués le 11 septembre dans l'attaque du consulat de Benghazi, attribuée à des manifestants en colère contre le film islamophobe "L'Innocence des musulmans", une production amateur à petit budget réalisée aux Etats-Unis.

Mais des responsables libyens et américains n'ont pas écarté l'hypothèse d'une attaque planifiée, voire d'une implication du réseau Al-Qaïda, multipliant les déclarations parfois contradictoires.

Jeudi, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a qualifié l'attaque de "terroriste", et la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé une enquête sur les circonstances du drame.

Le patron de la lutte antiterroriste américaine avait déjà qualifié mercredi l'attaque de "terroriste", tout en estimant qu'elle avait été menée "de manière opportuniste".

A Benghazi, bastion de la révolution qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, une grande partie de la population dénonçait l'attaque et rendait hommage à M. Stevens, l'un des premiers diplomates à se rendre dans la ville quand elle était encore sous la menace des forces pro-Kadhafi.

La porte du consulat américain à Benghazi, ravagé par l'attaque, a été ornée de guirlandes, de fleurs et de pancartes rendant hommage à M. Stevens.

"Benghazi l'a aimé et il a aimé Benghazi", affirme Mohammed Ari, un gardien à l'hôtel Tibesti, encore impressionné par l'ambassadeur qui sortait en short faire son jogging durant les premières semaines de la révolution.

Les voisins du consulat, comme Ali Warfalli, se souvenaient aussi de la simplicité du diplomate qui ne manquait jamais son jogging matinal ou une occasion de saluer les habitants du quartier.

L'attaque contre le consulat a illustré la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye, favorisée par l'instabilité dans le pays et l'incapacité des nouvelles autorités à assoire leur autorité, en particulier sur les milices d'ex-rebelles lourdement armées.

Elle a aussi suscité l'exaspération de la population, surtout à Benghazi, théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.

Pour exprimer leur colère, les habitants de la ville se préparaient à manifester vendredi pour "le sauvetage de Benghazi". Les organisateurs entendent dénoncer l'extrémisme et la violence et exiger le remplacement des milices par une armée et une police chargées d'assurer la sécurité.

Le groupe salafiste d'Ansar al-Charia, pointé du doigt par la population dans l'attaque du consulat, a appelé de son côté à une manifestation à la même heure pour défendre le prophète Mahomet, suscitant des craintes sur le déroulement pacifique du rassemblement.

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