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La crise réduit l'aide au développement, ralentissant les progrès des OMD (ONU)

20/09/2012 04:56 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

L'aide publique au développement baisse sous l'effet de la crise économique, rendant encore plus difficile d'atteindre les objectifs globaux fixés par l'ONU pour réduire la pauvreté, souligne un rapport des Nations unies publié jeudi.

Après avoir atteint un record en 2010, l'aide a diminué de presque 3% en 2011, à 133,5 milliards de dollars, indique le rapport. Il chiffre à 166,8 milliards l'écart entre l'aide fournie et les sommes promises pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

A ce rythme, ces OMD fixés par l'ONU en 2000 ne pourront être atteints à leur échéance de 2015 que dans un nombre limité de pays, avertissent les experts de l'ONU.

Les membres du Groupe de réflexion sur les retards des OMD recommandent aux donateurs, dans leur propre intérêt, d'augmenter leur aide malgré les restrictions budgétaires.

Dans une économie mondialisée, plaident-ils, pays pauvres et riches, "qu'ils s'en rendent compte ou non, dépendent désormais les uns des autres": une forte croissance chez les premiers ouvrirait des marchés à leurs partenaires développés et diminuerait les flux migratoires.

Secteur par secteur, les objectifs de l'ONU sur la pauvreté, l'eau, les bidonvilles et la parité filles-garçons dans l'enseignement primaire, ont été atteints et il y a eu des progrès significatifs dans l'accès à l'enseignement primaire et la disponibilité du traitement du VIH.

Mais sur les 23 pays membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE, 16 ont réduit leur contribution en 2011, à la suite d'une baisse des recettes fiscales liée à la crise économique. Les baisses les plus importantes ont été enregistrées en Grèce et Espagne, suivies par l'Autriche et la Belgique. Seuls Suède, Norvège, Luxembourg, Danemark et Pays-Bas ont fourni une contribution supérieure à l'objectif fixé (0,7% du revenu national brut).

Le rapport déplore aussi que la crise incite les gouvernements au protectionnisme: malgré les engagements du G20, seuls 18% des restrictions commerciales introduites depuis fin 2008 ont été levées et de nouvelles entraves au commerce sont apparues.

Les négociations à l'OMC continuent de piétiner alors qu'un succès du cycle de Doha profiterait aux pays en développement.

Le rapport de l'ONU conclut aussi qu'il n'y a eu que peu d'amélioration dans la fourniture de médicaments essentiels abordables aux pays en voie de développement. Ces médicaments ne sont encore disponibles que dans 51,8% des institutions publiques et 68,5 % des établissements privés de ces pays, et à des prix cinq fois plus élevés que les prix de référence mondiaux.

"Ce rapport montre un tableau inquiétant", a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a demandé aux donateurs de "ne pas faire peser le poids de l'austérité budgétaire sur les pauvres".

avz/bdx

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