NOUVELLES

Israël: un journal de la droite nationaliste rachète le quotidien Maariv

20/09/2012 06:52 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Le quotidien israélien Makor Rishon, titre de la droite nationaliste, a finalisé le rachat du tabloïd populaire Maariv ("Le Soir"), un des grands noms de la presse écrite israélienne, ont annoncé jeudi les deux journaux.

"Nous avons racheté le Maariv au groupe Discount Investment de Nochi Dankner pour 74 millions de shekels" (14,2 millions d'euros), a déclaré à l'AFP Oudi Rajones, porte-parole de Shlomo Ben-Zvi, l'éditeur et rédacteur en chef de Makor Rishon.

Le groupe de M. Dankner, actuellement en difficulté, avait racheté le Maariv il y a moins de 18 mois pour 300 millions de shekels (58,8 millions d'euros).

Le repreneur prévoit de garder 1.400 employés dans l'imprimerie, l'administration et la distribution, ainsi que "quelque 300 membres de la rédaction", selon le porte-parole. Fin 2011, la rédaction du Maariv employait 377 personnes et ses autres services comptaient 1.640 salariés.

Plus d'un millier de personnes, employés du journal et journalistes israéliens venus les soutenir, ont manifesté jeudi devant les bureaux de M. Dankner à Tel Aviv, a constaté un photographe de l'AFP.

"Nous n'avons toujours pas reçu de réponses claires sur l'avenir des employés", a dénoncé à l'AFP Matan Drori, chef du service international du Maariv.

Le syndicat du Maariv menace d'organiser une grève la semaine prochaine et d'empêcher la publication du journal, qui devrait être placé en redressement judiciaire.

"Le fait qu'un journal important comme le Maariv ferme m'attriste car il ne s'agit pas uniquement de problèmes financiers mais également de questions d'ordre politique", a expliqué Matan Drori. Selon lui, seulement 300 des 2.000 employés du Maariv garderont leur emploi.

Shlomo Ben-Zvi, qui vit dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie occupée, est considéré comme proche de la droite nationaliste et des milieux religieux. Beaucoup redoutent qu'il n'obtienne un changement de la ligne éditoriale du Maariv, plutôt classé au centre-droite.

"Le Maariv est un bon journal. C'est un symbole d'Israël, et cela va continuer, mais nous ne sommes pas sûrs des nouvelles conditions d'emploi", a déclaré une de ses plumes vedettes, Yaïr Porelis, à la radio publique.

De nombreux titres de presse ont disparu en Israël, en raison d'une concentration croissante de la presse aux mains de grands groupes comme celui du quotidien populaire Yédiot Aharonot, ou encore de l'apparition de son concurrent gratuit Israël Hayom, dont le propriétaire, Sheldon Adelson, est considéré comme très proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le journal Maariv a été fondé en 1948 et a été dans les années 1950-60 le quotidien israélien au plus fort tirage avec près de 180.000 exemplaires par jour.

chw-mib/agr/fc

PLUS:afp