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Israël juge irréaliste une conférence sur un Proche-Orient dénucléarisé

20/09/2012 09:32 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Israël juge irréaliste la tenue d'une conférence sur la dénucléarisation du Proche-Orient prévue fin 2012 ou début 2013 à Helsinki, en raison du climat "volatil" dans la région, a affirmé le représentant israélien auprès de l'AIEA, Shaul Horev.

"Toute initiative pour promouvoir cette conférence sur le Proche-Orient, sans tenir compte des sombres réalités régionales actuelles, est futile", a déclaré M. Horev, directeur de la Commission israélienne pour l'énergie nucléaire, lors d'une réunion mercredi de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.

Dans un discours, M. Horev a estimé que les réalités régionales n'étaient pas "propices" à la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient.

"Une telle initiative ne pourrait être lancée que lorsque des relations pacifiques auront existé pendant une période raisonnable de temps dans la région", selon le texte. "Cela ne saurait être imposé de l'extérieur. Malheureusement, les réalités au Proche-Orient sont loin d'être propices".

"Le concept d'une région débarrassée de ses armes de destruction massive, qui n'a jamais été testé, même dans les régions les plus pacifiques, est certainement beaucoup moins applicable aujourd'hui dans un Proche-Orient volatil et hostile", a argué le diplomate israélien.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, Yigal Palmor, a précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur la participation d'Israël à la réunion d'Helsinki.

"Nous sommes engagés dans des discussions avec les responsables de l'organisation de cette conférence. Il reste à éclaircir un certain nombre de points et à répondre à quelques questions. Aucune décision n'a encore été prise", a dit M. Palmor à l'AFP.

La conférence d'Helsinki doit se tenir sur fond de tensions autour du nucléaire iranien, les pays occidentaux et Israël accusant Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que l'Iran dément catégoriquement.

M. Horev a par ailleurs rejeté les récentes critiques du roi Abdallah II de Jordanie qui a accusé l'Etat hébreu d'entraver le programme d'énergie nucléaire du royaume hachémite.

"Israël soutient le recours à l'énergie nucléaire de ses voisins pour répondre à leurs besoins en énergie et en eau", a réaffirmé le responsable israélien.

"Israël croit dans l'usage pacifique de l'énergie nucléaire au Proche-Orient aussi longtemps que les Etats respectent au pied de la lettre leurs obligations internationales de non-prolifération", a-t-il assuré.

Considéré comme la seule puissance nucléaire au Proche-Orient, Israël est membre de l'AIEA mais n'est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Dans une interview exclusive à l'AFP, le souverain jordanien a récemment affirmé qu'une "forte opposition au programme d'énergie nucléaire de la Jordanie provient d'Israël".

"Lorsque nous avons commencé à nous diriger vers l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, nous avons approché plusieurs pays (...) pour qu'ils travaillent avec nous. Mais nous avons rapidement réalisé qu'Israël faisait pression sur ces pays pour entraver toute coopération avec nous", a déploré le roi.

La Jordanie, qui importe 95% de ses besoins en énergie, cherche à développer l'énergie nucléaire pour satisfaire ses besoins intérieurs croissants en électricité.

ChW-hmw-agr/feb

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