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Géorgie: les manifs contre l'agression de prisonniers prennent de l'ampleur

20/09/2012 01:42 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

TBILISI, Géorgie - Les manifestations qui déferlent depuis deux jours dans les rues de la capitale géorgienne ont pris une nouvelle ampleur jeudi.

La colère des manifestants à l'encontre d'un gouvernement pro-occidental se fait de plus en plus intense, ce qui pourrait faire basculer les élections législatives du 1er octobre en faveur de l'opposition.

Deux jours après que la télévision ait diffusé des images montrant des gardiens de prison battant et violant les détenus à l'aide de matraques et de manches de balai, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le ministère de l'Intérieur et la prison de Tbilisi où les agressions auraient eu lieu.

Les manifestants, certains munis de balais, ont ensuite défilé le long de la principale artère de la ville pour se rendre au palais présidentiel, où ils ont réclamé la démission du ministre de l'Intérieur.

Le président Mikhail Saakashvili a tenté de désamorcer la situation en acceptant la démission du ministre responsable du système carcéral et en remaniant complètement le personnel des pénitentiers. Il a aussi confié les prisons à l'ombudsman de la Géorgie, dans l'espoir qu'il puisse complètement réformer le système.

La colère du public menace le parti du président Saakashvili à quelques jours du vote du 1er octobre et pourrait mousser les appuis de la coalition dirigée par le mécène milliardaire Bidzina Ivanishvili, l'homme le plus riche du pays.

Même certains jeunes affiliés au parti au pouvoir ont participé aux démonstrations de jeudi, pendant que M. Saakashvili et ses proches tentaient de prendre leurs distances face à ce scandale. M. Saakashvili, qui dirige le pays depuis 2004, demeure populaire grâce à ses réformes économiques et à ses efforts de lutte à la corruption.

M. Saakashvili et ses partisans présentent M. Ivanishvili comme une marionnette de Moscou qui ramènerait la Géorgie dans l'orbite de la Russie. Les réformes mises en place par M. Saakashvili confèrent plus de pouvoirs au premier ministre qu'au président. M. Ivanishvili occupera ce poste si sa coalition remporte le vote du 1er octobre.

Douze personnes ont été arrêtées en lien avec cette affaire et M. Saakashvili a promis que tous les responsables seront punis. Le ministère géorgien de l'Intérieur a toutefois accusé ses adversaires politiques d'avoir orchestré les agressions, en soudoyant des gardiens de prison pour battre des détenus. Les images ont par ailleurs été diffusées par deux stations de télévision qui appartiennent à M. Ivanishvili et qui prétendent les avoir reçues d'un responsable de la prison qui a depuis fui vers l'étranger.

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